Attaque du 7 octobre 2023
Un rapport israélien accuse le Hamas de violences sexuelles «systématiques»

Un rapport israélien publié mardi accuse le Hamas de violences sexuelles «systématiques» et «à grande échelle» lors de l'attaque du 7 octobre 2023 et durant la captivité des otages à Gaza.
Un otage israélien sort d'un véhicule pour être remis au CICR sur la place Saraya, dans la ville de Gaza, le 19 janvier 2025.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Le Hamas et d'autres groupes palestiniens se sont rendus coupables de «violences sexuelles systématiques, à grande échelle» lors de l'attaque du 7 octobre 2023 sur Israël et pendant la captivité des otages à Gaza, selon le rapport d'une commission d'enquête israélienne publié mardi. 

«A l'issue d'une enquête indépendante de deux ans, la Commission civile conclut que les violences sexuelles et fondées sur le genre ont été systématiques, à grande échelle, et constitutives des attaques du 7-Octobre et de leurs suites», écrit cette commission créée spécifiquement pour enquêter sur les crimes sexuels du Hamas.

Le rapport de 300 pages de cet organisme fondé en novembre 2023 par une juriste israélienne vient compléter d'autres enquêtes, notamment de l'ONU ou d'ONG internationales, et témoignages de survivants pour documenter l'ampleur des violences sexuelles commises ce jour-là lors de l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël et contre des otages durant leur captivité dans la bande de Gaza.

«Dans de multiples lieux et à différentes phases de l'assaut, y compris lors de l'enlèvement, du transfert et de la captivité [des otages], le Hamas et ses [alliés] ont eu recours de façon répétée à des tactiques de violences sexuelles et de torture contre les victimes», note le rapport.

Contre le déni et l'oubli

«Ces crimes se sont distingués par une extrême cruauté et des souffrances humaines profondes, souvent infligées de manière à intensifier la terreur et l'humiliation», ajoute le texte. Le rapport dit s'appuyer sur «une large documentation factuelle, comprenant des témoignages filmés originaux de survivants et de témoins, des entretiens, des photographies, des vidéos, des dossiers officiels et d'autres sources primaires provenant des lieux des attaques».

Compte tenu de leur nature, ces documents ne sont pas disponibles au public mais consultables par des experts, sur demande, indique la commission. Les auteurs du rapport disent avoir examiné «plus de 10'000 photographies et séquences vidéo de l'attaque, représentant au total plus de 1.800 heures cumulées d'analyse de supports visuels» et mené «plus de 430 entretiens, auditions ou réunions [...] avec des survivants, des témoins, d'anciens otages, des experts et des membres des familles» des victimes.

«Un traumatisme profond»

L'enquête conclut «sans équivoque» que «les violences sexuelles et fondées sur le genre ont constitué un élément central de l'attaque du 7-Octobre et de la captivité des otages». «Ces crimes constituent des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et des actes génocidaires au regard du droit international», ajoute la Commission civile.

«De nombreuses victimes de ces crimes n'ont pas survécu pour témoigner» tandis que «d'autres continuent d'endurer un traumatisme profond», note la commission, qui souhaite par son travail de documentation «faire en sorte que les souffrances endurées par les victimes ne soient ni niées, ni effacées, ni oubliées» et fournir «une base factuelle et juridique solide» en vue de la poursuite des responsables devant les tribunaux compétents. L'attaque surprise du Hamas a entraîné la mort de 1.221 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le 7 octobre 2023, 251 personnes, dont 44 mortes, avaient été enlevées pour servir d'otages.

Un catalogue morbide

La campagne de représailles militaires israéliennes a dévasté la bande de Gaza et fait des dizaines de milliers de morts. Sur les 207 otages pris vivants, 41 sont morts ou ont été tués en captivité. Les vingt derniers otages vivants ont été libérés en octobre 2025 à la faveur du cessez-le-feu précaire entré en vigueur ce mois-là sous la pression des Etats-Unis.

Israël a longtemps accusé les Nations unies et les grandes organisations internationales de défense des droits de l'Homme d'avoir fermé les yeux sur les violences sexuelles commises le 7-Octobre et d'avoir tardé à les condamner.

En mars 2024, la Représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU sur la violence sexuelle dans les conflits, Pramila Patten avait publié un rapport faisant état d'informations «claires et convaincantes» selon lesquelles des violences sexuelles, notamment des viols et des tortures sexuelles avaient été perpétrés au cours de l'attaque du 7-octobre et sur des otages notamment «certaines femmes et enfants pendant leur captivité» à Gaza. Le Hamas a toujours rejeté ces accusations.

Le rapport de la Commission civile israélienne détaille les atrocités commises sur les lieux du festival techno Nova, à Réïm, lieu du pire massacre commis le 7-Octobre (plus de 370 morts) comme des viols en réunion suivis d'exécutions ou des mutilations génitales. Mais il dresse aussi un catalogue morbide de violences à caractère sexuel commises dans des kibboutz ou des bases militaires attaqués en bordure de la bande de Gaza, ainsi que contre des otages en captivité, majoritairement des femmes, mais aussi des hommes, allant de la nudité forcée au viol.

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Pour l'aide au victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.

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