Israël s'en est pris lundi aux infrastructures pétrochimiques de l'Iran. Le mince espoir d'une trêve semble s'éloigner à un peu plus de 24 heures de l'expiration d'un ultimatum du président américain Donald Trump.
La Maison Blanche a confirmé que des pays médiateurs avaient proposé un arrêt des combats de 45 jours, en ajoutant que le président américain n'avait pas «validé» cette idée. En face, l'agence de presse iranienne Irna a affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu avec les Etats-Unis et Israël.
Dans cette réponse, Téhéran «insiste sur la nécessité d'une fin définitive du conflit», précise l'agence officielle, sans indiquer en quoi consistait cette proposition. Auparavant, un porte-parole de l'armée iranienne avait averti que Téhéran poursuivrait les hostilités «aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun».
Le pétage de câble de Trump
Dans un message injurieux, le président des Etats-Unis avait menacé dimanche de faire de la journée de mardi celle «des centrales énergétiques et des ponts» en Iran, avec un ultimatum reporté à mardi 20h, heure de Washington (mercredi à 2h du matin en Suisse), si Téhéran n'a pas rouvert le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
Des efforts diplomatiques se poursuivent malgré tout pour mettre fin à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale à cause de la fermeture d'Ormuz. Téhéran a jusqu'ici démenti l'existence de négociations avec Washington.
Une proposition en deux phases
Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, turcs, égyptiens et pakistanais, parlent d'une proposition en deux phases, un cessez-le-feu de 45 jours devant d'abord permettre des négociations, avant de déboucher sur un accord pour mettre un terme à la guerre, déclenchée le 28 février par Israël et les Etats-Unis.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir iranien, ont déclaré qu'ils se préparaient à mettre en place des conditions de navigation à Ormuz qui s'appliqueraient «en particulier aux Etats-Unis et à Israël». Ils n'ont pas détaillé ces conditions, mais ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.
L'énergie dans le viseur
Sur le terrain, des frappes se poursuivent de part et d'autre. Deux complexes pétrochimiques iraniens ont été frappés. Sans attendre la fin de l'ultimatum américain, Israël a visé des installations du site de South Pars à Assalouyeh (sud) qui assure, selon le ministre israélien de la Défense Israël Katz, «environ la moitié de la production pétrochimique du pays».
L'agence de presse iranienne Fars a fait état de «plusieurs explosions» sur ce gigantesque site qui abrite aussi la plus grande installation gazière du pays. Une évaluation des dégâts est en cours, selon un média iranien. Aucune victime n'a été rapportée.
Cinq morts près d'un site
Un autre complexe pétrochimique situé à Marvdasht, près de Chiraz, a été frappé lundi selon des sources locales, parlant de «dégâts mineurs». Samedi, un site pétrochimique avait été touché à Mahshahr, faisant cinq morts.
«Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues», a averti le porte-parole du commandement militaire iranien, tandis qu'un responsable des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dénoncé de possibles «crimes de guerre».