Guerre au Moyen-Orient
L'impasse diplomatique pousse le prix du pétrole vers de nouveaux sommets

Les stocks mondiaux de pétrole s'épuisent à une vitesse record, alerte l'Agence internationale de l'énergie. Avec l'impasse diplomatique Iran-Etats-Unis, le prix du pétrole continue de prendre l'ascenseur.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a gagné 2,96% à 108,85 dollars.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 9h10 GMT (11h10 à Genève), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars (85,34 francs suisses). Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars (82,04 francs suisses).

Les stocks diminuent

«Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous», a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

«L'impasse diplomatique entre les Etats-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre» de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown. Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, «pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer», explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

«Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe», rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre «ce chiffre s'approche du milliard de barils» perdus pour le marché.

Risque de réescalade

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record. «On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés», juge Tamas Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, «nous devrons peut-être commencer à nous inquiéter d'une réescalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région», a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier «n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser», a précisé Warren Patterson. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.

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