Un secteur sous pression
En raison de la guerre, ces destinations touristiques ont la cote

La guerre en Iran a un grand impact sur le tourisme international. Les changements de réservation se multiplient alors que le secteur est sous pression.
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L'aéroport de Dubaï a été visé par des frappes: la guerre en Iran a des répercussions sur le secteur du tourisme.
Photo: keystone-sda.ch
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Sara Belgeri

Il n'y a pas que le pétrole qui est durement touché par la guerre en Iran. Le tourisme aussi est perturbé, d'autant plus avec les vacances de Pâques. Les aéroports de Doha, Dubaï ou Abu Dhabi, points de correspondance centraux pour les liaisons entre l'Europe et l'Asie, l'Afrique ou l'Océanie, sont fortement touchés par le conflit. Certes, des compagnies aériennes comme Etihad ou Emirates continuent à proposer des vols dans la région, mais l'Agence européenne de la sécurité aérienne déconseille d'emprunter l'espace aérien des pays du Golfe.

Les voyagistes suisses comme Tui Suisse, Globetrotter et le groupe Dertour, auquel appartiennent entre autres Kuoni ou Hotelplan, ont tous fortement réduits, voire annulés leurs offres vers ces destinations. Des solutions de remplacement ont donc dû être proposé pour ceux qui avaient déjà réservés. 

Pour le secteur, cela entraîne beaucoup de travail supplémentaire. Soit les voyageurs reportent leurs vacances, soit les agences doivent chercher des solutions de remplacement. «Il devient de plus en plus difficile de trouver des alternatives à des prix raisonnables pour les réservations existantes», explique-t-on du côté de Globetrotters.

Des vols plus chers

Il n'y pas que la période des vacances de Pâques qui est concernée. Les prix pour les destinations estivales ont déjà pris l'ascenceur. Prendre l'avion pour partir cet été coûtera plus cher que les années précédentes. En effet, la suppression d'importantes liaisons de correspondance entraîne une diminution de l'offre. Les vols sont rares donc plus chers, principalement sur les longs courriers vers l'Asie ou l'Océan indien. Globetrotter s'attend en outre à «une hausse des prix des billets d'avion dans le monde entier en raison de l'augmentation des prix du kérosène».

Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi, d'autres destinations deviennent très prisées. Actuellement, le bassin méditerranéen, comme l'Espagne, l'Italie, le sud de la France ainsi que les Canaries et les Baléares sont actuellement très prisés. 

Pour des destinations plus exotiques, de nombreux voyageurs se sont tournés vers les Caraïbes, notamment vers la République dominicaine ou le Mexique. Le groupe Dertour observe un «net déplacement vers l'ouest» dans les choix de leur clients. Les «coolcations», c'est-à-dire les destinations dans les pays nordiques, ont également la cote, remarquent les voyagistes suisses. L'Afrique du Sud rencontre également un intérêt croissant.

Une branche sous pression

En Suisse aussi, le tourisme est impacté par la guerre. Il n'existe pas de chiffres précis, mais selon Suisse Tourisme, des annulations ont été déplorées, notamment de la part de voyageurs provenant d'Asie et des pays du Golfe. Un coup dur, puisque c'est au printemps que débute une importante saison touristique vers l'Europe.

En raison d'«un sentiment général d'insécurité» ressenti tout autour du globe, Suisse Tourisme s'attend à ce que de nouvelles réservations soient annulées. Même si notre pays, grâce à son image, bénéficie d'un argument de poids: «La Suisse marque des points dans le monde entier en tant que pays de voyage sûr et digne de confiance».

Perspectives incertaines

La Fédération Suisse du Voyage (FSV) souligne d'ailleurs les répercussions néfastes qu'engendre cette situation sur le secteur. En raison des réservations annulées, les chiffres d'affaires et les recettes sont en baisse, tandis que les employés doivent effectuer des heures supplémentaires. «Les conséquences économiques ne doivent pas être sous-estimées», alerte la FSV. Certes, la branche est en principe bien préparée à ce genre de problèmes, mais la situation est tout de même tendue.

Il est encore très compliqué d'estimer l'importance des répercutions de la guerre en Iran sur le tourisme mondial. Elles dépendront notamment de la durée du conflit et de la solidité d'éventuels accords de paix. Mais, si le conflit se prolonge, Suisse Tourisme estime que la saison sera marquée par des réservations sur le court terme, une faible sécurité de planification et une possible baisse de la fréquentation.

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