Trois marins indiens ont perdu la vie lors d’une frappe américaine contre le «MT Settebello», un pétrolier battant pavillon des Palaos, un archipel de Micronésie. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a déclaré avoir mené mardi soir une «frappe de précision» contre le navire alors qu’il traversait le golfe d’Oman. Selon le Centcom, le méthanier transportait du pétrole iranien et l’équipage avait refusé de se plier aux ordres des forces armées américaines.
Entre-temps, le ministère indien des Affaires étrangères a fermement condamné cette attaque. «Les actions menées contre la navigation marchande et les infrastructures civiles dans la région doivent cesser», a-t-il déclaré dans un communiqué. Le navire battait pavillon de Palaos, mais appartient à une entreprise indienne. Le ministre indien de la Marine marchande, Sarbananda Sonowal, a confirmé jeudi matin que les trois marins indiens portés disparus avaient tous perdu la vie.
Le Centcom confirme une nouvelle attaque
Dans la nuit de mercredi à jeudi, une autre attaque a visé un navire avec un équipage indien au large d’Oman. Le MT Jalveer, un pétrolier battant pavillon de Guinée-Bissau, aurait été attaqué dans la région. Vingt marins indiens se trouvent à bord du navire.
L’ambassade de l’Inde à Oman a confirmé une attaque contre le pétrolier sur la plateforme X: «Nous avons appris tôt ce matin qu’un incident impliquant un navire au large du port de Shinas, à Oman, s’était produit. Nous suivons la situation de près et sommes en contact avec les autorités locales pour obtenir plus de détails.» Aucune information n’a encore été communiquée concernant d’éventuels blessés.
Jeudi midi, le commandement régional américain Centcom a confirmé sur X que le MT Jalveer avait été «mis hors de combat» par les forces américaines. A 23h30, heure locale, un avion américain aurait ainsi tiré deux missiles Hellfire sur la salle des machines du navire, après que l’équipage eut refusé à plusieurs reprises de se conformer aux instructions des forces armées américaines. Selon le Centcom, le navire aurait tenté de transporter du pétrole iranien.
Il s’agit déjà du troisième navire marchand mis hors d’état de nuire cette semaine par les forces armées américaines. Lundi, le MT Marivex, battant pavillon des Palaos, avait déjà été immobilisé pour avoir enfreint le blocus en tentant de faire escale dans un port iranien. «Depuis le début du blocus, le 13 avril, les forces du Centcom ont neutralisé neuf navires non conformes, détourné 135 navires conformes et laissé passer 42 navires transportant de l’aide humanitaire», a conclu le commandement régional américain.
Trump laisse entrevoir de nouvelles attaques
Le président américain Donald Trump a exhorté ses forces armées jeudi après-midi à lancer de nouvelles attaques. «Les Etats-Unis vont frapper très fort l’Iran (dont la marine, l’armée de l’air, les radars, la défense antiaérienne et toutes les autres installations de défense, ainsi que la majeure partie de ses capacités offensives, ont disparu!) ce soir», a laissé entrevoir le républicain.
Mais cela ne suffit pas à Trump. «Dans un avenir pas trop lointain, nous prendrons l’île de Kharg et d’autres points stratégiques de l’infrastructure pétrolière et prendrons le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz, comme nous l’avons fait au Venezuela», a poursuivi le président américain. Cela a «très bien fonctionné» pour le Venezuela et les Etats-Unis.
Une grande partie des exportations pétrolières iraniennes transite par l’île de Kharg. L’île est idéalement située dans le golfe Persique et dispose d’eaux profondes, ce qui permet d’y charger de grands pétroliers, ce qui n’est pas possible dans de nombreux autres ports iraniens. Si Kharg était occupée par les Américains, cela porterait un coup dur au budget de l’Etat iranien.