Tous les regards se tournent vers Pékin. Jeudi, dans la capitale chinoise, Donald Trump et son homologue Xi Jinping doivent évoquer plusieurs dossiers brûlants de la politique mondiale. Outre les relations commerciales et Taïwan, la guerre en Iran devrait occuper une place centrale.
Donald Trump devrait demander à Xi Jinping d’utiliser son influence sur Téhéran afin de faire cesser les combats et de rouvrir le détroit d'Ormuz. Mais cette demande risque bien de rester lettre morte. Pour qu’elle aboutisse, deux conditions devraient être réunies, et toutes deux paraissent très incertaines.
Les efforts de Donald Trump pour mettre fin à la guerre contre l’Iran n’ont jusqu’ici pas donné de résultat. Les mollahs de Téhéran refusent toujours de stopper leur programme nucléaire, de limiter la production de missiles et de rouvrir le détroit d’Ormuz.
Xi Jinping se retrouve donc au centre du jeu. La Chine n’est pas seulement le principal client pétrolier de l’Iran: Pékin soutient aussi les mollahs avec des conseils militaires et la livraison de composants destinés à l’armement. Son influence est donc importante.
Deux obstacles
Mais c’est justement là qu’apparaît le premier problème de Donald Trump. Xi Jinping ne devrait pas intervenir gratuitement. Conscient de son poids dans ce dossier, le président chinois pourrait exiger plusieurs contreparties: la suppression des droits de douane américains et un meilleur accès au marché américain, mais aussi davantage d’influence dans l’Indo-Pacifique, notamment avec une réduction du soutien américain à Taïwan.
Et même si Xi Jinping décidait d’agir, un deuxième problème demeure: jusqu’où Téhéran peut-il réellement être influencé? Les partisans de la ligne dure sont eux-mêmes sous pression des ultra-radicaux du Front Paydari, qui se considèrent comme les Gardiens de la révolution islamique de 1979. Pour eux, un accord avec les Etats-Unis équivaudrait à une capitulation.
Pour ces «super-révolutionnaires», la lutte contre les Etats-Unis et Israël représente un combat éternel, explique à CNN Hamidreza Azizi, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Science et Politique. «Ils croient en un Etat chiite destiné à durer jusqu’à la fin des temps et ils sont extrêmement fanatiques sur le plan religieux», explique-t-il.
Une longue guerre en perspective
Téhéran a aussi retenu qu’il pouvait résister militairement aux Etats-Unis et à Israël. Malgré les attaques massives, l’Iran conserve une infrastructure opérationnelle pour ses missiles et ses drones. Le régime iranien est même parvenu à endommager certaines bases américaines au Moyen-Orient.
Mais son principal moyen de pression reste le blocus du détroit d’Ormuz. Les forces iraniennes perturbent le passage des navires marchands grâce à des bateaux rapides et des mines marines. Résultat? Les prix du pétrole et de l’essence augmentent dans le monde entier. Une situation particulièrement sensible pour les Etats-Unis, très dépendants de la voiture.
Même si Donald Trump parvenait cette semaine à convaincre Xi Jinping d’exercer une influence sur l’Iran, tout dépendrait encore de Téhéran. Tant que les partisans de la ligne dure considéreront ce conflit comme un combat idéologique permanent et disposeront du levier stratégique d’Ormuz, ils n’auront aucune raison de céder. Pour l’instant, la fin de la guerre ne semble donc pas proche.