L’Ukraine déploie ses robots armés sur le front
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Arrestation de soldats russes:L’Ukraine déploie ses robots armés sur le front

Drones, robots terrestres et IA
L'Ukraine pousse Poutine dans ses retranchements avec une armée high-tech

L’Ukraine intensifie sa contre-offensive en utilisant des technologies militaires avancées. Drones, robots terrestres et intelligence artificielle changent la dynamique du conflit et mettent Moscou en difficulté, tandis que Poutine cherche du soutien en Chine.
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Dans sa lutte contre Poutine, l'Ukraine mise de plus en plus sur l'utilisation de robots terrestres.
Photo: imago/Ukrinform
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Daniel Macher

Les informations faisant état de revers russes se multiplient ces dernières semaines. Entre pertes de terrain, efficacité croissante des drones ukrainiens et rumeurs d’une préparation interne à une éventuelle fin de guerre, Moscou semble loin des objectifs initiaux du Kremlin. L’Ukraine, de son côté, parvient progressivement à inverser la dynamique du conflit, comme l’ont encore montré les récentes attaques visant Moscou.

L’une des clés de ces succès réside dans les technologies militaires modernes développées par Kiev avec le soutien occidental. L’Ukraine mène aujourd’hui plusieurs projets en parallèle, renforçant considérablement la pression sur la Russie. Au-delà des drones, plusieurs innovations attirent particulièrement l’attention.

Les robots terrestres

Si les drones dominent les airs, les véhicules terrestres sans pilote prennent eux aussi de plus en plus d’importance sur le front. Ces «UGV» («Unmanned Ground Vehicles») sont désormais largement utilisés par les forces ukrainiennes.

Selon le ministère ukrainien de la Défense, leur nombre d’interventions a plus que triplé depuis l’automne. Volodymyr Zelensky a récemment évoqué plus de 10’000 missions par mois. Le président ukrainien a promis d’accélérer encore leur production: «Nous allons continuer à augmenter la fabrication de tous les types de drones et de systèmes robotisés.»

Ces robots remplissent principalement des missions logistiques. Ils transportent du ravitaillement, posent des mines ou évacuent des blessés. Mais ils offrent aussi un avantage direct au combat. Une vidéo diffusée fin janvier par le fabricant ukrainien Devdroid montre par exemple la capture de trois soldats russes.

Les capacités techniques progressent rapidement. Certains modèles peuvent désormais transporter plusieurs centaines de kilos et être contrôlés à longue distance. A terme, ces systèmes pourraient aussi être armés. Des prototypes équipés de mitrailleuses seraient déjà en développement, selon le «Frankfurter Allgemeine Zeitung».

Intelligence artificielle

Parallèlement, Kiev cherche à rendre ses systèmes toujours plus autonomes grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif est de réduire la dépendance à un contrôle humain permanent. Des fonctions de pilotage automatique sont notamment développées pour permettre aux appareils de revenir seuls lorsque la connexion est coupée. D’autres systèmes sont capables d’identifier des soldats grâce à une caméra et de les suivre automatiquement.

L’IA joue aussi un rôle croissant dans la défense contre les attaques. Les systèmes doivent pouvoir détecter les drones ennemis et réagir de manière partiellement autonome.

L’objectif est clair: éloigner autant que possible les soldats des zones les plus dangereuses. Cette stratégie répond également à une réalité démographique. L’Ukraine dispose de moins d’hommes que la Russie et cherche à compenser ce désavantage par sa supériorité technologique.

La réponse de Poutine

Face à cette montée en puissance technologique ukrainienne, Moscou cherche aussi des soutiens. Vladimir Poutine se tourne de plus en plus vers la Chine. Lors d’une récente rencontre avec Xi Jinping à Pékin, les deux dirigeants ont réaffirmé leur partenariat stratégique.

Plusieurs indices suggèrent aussi un renforcement de leur coopération militaire. Selon différentes sources, des soldats russes auraient notamment été formés en Chine à l’utilisation de systèmes de drones.

Pékin fournirait également d’importantes quantités de composants à double usage, civils et militaires. Parmi eux figurent des moteurs, des batteries ou encore des éléments de microélectronique, essentiels à la fabrication d’armes modernes et de drones.

Des services de renseignement évoquent aussi une coopération accrue dans le domaine du renseignement. La Chine soutiendrait notamment Moscou grâce à des données satellites utilisables pour le ciblage militaire.

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