De quel côté se situe réellement la Chine? C'est la question à un milliard de dollars qui empoisonne les chancelleries occidentales. Alors que le Proche et le Moyen-Orient s'embrasent, Pékin joue sur tous les tableaux. Un coup d'œil sur l'agenda de Xi Jinping donne le tournis: le président américain Donald Trump a été le premier reçu en visite d'Etat, suivi de près par le Russe Vladimir Poutine. En l'espace de quelques jours, l'allié le plus proche de l'Iran et son adversaire le plus acharné se sont succédés à Pékin.
Officiellement, ces sommets n'ont débouché sur rien et la Chine se mure dans un silence de sphinx. Or, un rapport controversé pourrait placer Xi Jinping dans une situation délicate. Selon «NBC News», le chasseur d'élite américain F-15E Strike Eagle, abattu au-dessus de l'Iran en avril, aurait été touché par un missile sol-air portable... de fabrication chinoise.
L'enquête sur la fusillade est toujours en cours
L'incident avait provoqué un séisme au Pentagone. Pour la première fois depuis des décennies, un avion de combat américain était rayé de la carte par un tir ennemi. Si l'équipage a pu s'éjecter à temps, le sauvetage a viré au film de guerre. Repéré en quelques heures, le pilote a pu être exfiltré, mais son officier des systèmes d'armes a dû survivre deux jours dans les contreforts des monts Zagros avant d'être secouru.
Selon NBC News, les enquêteurs américains examinent toujours les circonstances exactes de l'accident. Cependant, plusieurs personnes proches du dossier pensent qu'un missile MANPADS – un système de défense aérienne portatif – a touché l'avion.
Les Etats-Unis peuvent-ils compter sur la Chine?
Un autre rapport est tout autant explosif: selon lui, la Chine aurait fourni à l’Iran un radar d’alerte précoce moderne YLC-8B au début du conflit. Ce système serait capable de détecter même des avions furtifs, censés être invisibles.
Ces révélations torpillent la stratégie de Donald Trump, qui comptait précisément sur le poids de la Chine pour prévenir une nouvelle escalade au Moyen-Orient. Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères américain, Marco Rubio, a souligné à «NBC News» que les Etats-Unis n'étaient pas dépendants de l'aide chinoise.
La Chine parle de «calomnies sans fondement»
Face au scandale, la Chine rejette toutes les accusations. Interrogée, l'ambassade de Chine dénonce des «calomnies sans fondement» et assure que Pékin respecte scrupuleusement les traités internationaux sur les exportations.
Les experts reconnaissent néanmoins une longue tradition de coopération entre la Chine et l'Iran. Dès les années 1980 et 1990, Pékin fournissait à Téhéran des missiles, des chars et d'autres systèmes d'armement. Aujourd'hui, c'est surtout le transfert de technologies et de biens dits à double usage qui est au centre des préoccupations.