Michael* passe ses vacances en famille sur l’île grecque de Paros. Il est arrivé sur l’île depuis Zurich mardi avec sa femme Barbara et leurs enfants, tous en âge scolaire. La famille a loué une petite maison à Aliki, juste au bord de la plage. Mais les vacances ont rapidement pris un goût amer. Les vacanciers suisses se sont retrouvés au cœur d’une région frappée par d'intenses feux de forêt. «Sur le chemin vers notre logement, nous avons aperçu un peu de fumée et un hélicoptère, raconte-t-il à Blick. Nous n’y avons pas vraiment prêté attention.»
Mais l’incendie a rapidement pris de l’ampleur et la colonne de fumée est devenue de plus en plus menaçante. «Au bout de six heures, on avait soudain l’impression que la moitié de l’île était en flammes», témoigne Michael. «C’est arrivé de nulle part! On se sent totalement impuissant, on ne peut que regarder. C’est terrifiant!»
Les avions mobilisés contre les incendies ont en plus cessé de voler vers 20h. «Au début, je me suis dit qu’ils faisaient peut-être une petite pause pour manger ou pour faire le plein», explique Michael, lui-même pilote. Les opérations aériennes ont finalement été suspendues pour la nuit.
Le vent violent persiste
Le vent n’a toutefois pas faibli. Selon Michael, les rafales ont atteint 60 nœuds, soit plus de 110 km/h. Mercredi matin, deux hydravions venus d’Athènes sont arrivés en renfort. Ils ont rejoint les hélicoptères déjà engagés pour combattre les flammes avec de l’eau de mer.
En temps normal, seuls onze pompiers sont présents sur cette île de la mer Egée. Au milieu de la nuit, les autorités ont envoyé un SMS aux touristes pour leur demander de se rendre sur la plage.
Pour les vacanciers pris au piège, des questions se posent alors que de nombreux locaux sont évacués. «Heureusement, notre maison se trouve juste au bord de l’eau», confie-t-il à Blick. «Mais j’ai déjà réfléchi à la manière dont nous pourrions partir en voiture si la situation s’aggravait.»
Mercredi matin, les flammes étaient toujours actives, même si elles avaient perdu en intensité par rapport à la nuit. «Notre propriétaire a fait les cent pas autour de sa maison pendant la nuit, poursuit Michael. Je plains les habitants qui craignent de perdre leur gagne-pain.»
Situation tendue en France et en Espagne
Jusqu’ici, la Grèce avait été relativement épargnée cet été par la canicule et les incendies de forêt dévastateurs. La situation est en revanche particulièrement difficile dans la région de Bordeaux, en France, où des milliers de touristes ont été évacués, notamment près de Biscarrosse. Vingt-quatre pompiers suisses ont également été envoyés en renfort dans le sud-ouest du pays.
En Espagne aussi, les incendies font rage. Une vingtaine de localités ont été évacuées dans la région de Madrid. Selon le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, 130’000 hectares ont déjà brûlé dans le pays.
* Nom connu de la rédaction