La Fédération internationale des Sociétés de la Croix–Rouge et du Croissant–Rouge (FICR) a annoncé mardi avoir activé son plus haut niveau de réponse face à l’épidémie d’Ebola qui aurait déjà fait 131 morts en République démocratique du Congo (RDC). «La FICR a déclenché son niveau d’intervention d’urgence le plus élevé. Nous intensifions nos activités, notamment en activant nos mécanismes régionaux et mondiaux de déploiement d’urgence», a annoncé devant la presse à Genève Anne Archer, cheffe du département soins cliniques et santé publique en situation d’urgence de la FICR.
L’organisation déploiera dans les prochains jours des équipes spécialisées en santé publique ainsi que des experts dans les zones touchées. Des «kits d’inhumation sûre et digne» sont actuellement acheminés vers les zones affectées depuis Kinshasa et Dubaï, a précisé Anne Archer.L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que cette flambée de la fièvre hémorragique hautement contagieuse constituait une urgence sanitaire internationale et convoqué mardi un comité d’urgence sur cette crise déjà à l’origine de 131 décès estimés et 513 cas suspects.
Une convergence de facteurs
La RDC a connu 17 épidémies d’Ebola et a une grande expérience dans la gestion de cette maladie, mais il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour la souche du virus responsable de la flambée actuelle, appelée Bundibugyo. La FICR souligne que les épidémies d’Ebola «peuvent rapidement s’aggraver si les cas ne sont pas détectés tôt, si les communautés ne disposent pas d’informations fiables ou si les systèmes de santé sont débordés».
«Malheureusement, nous constatons aujourd’hui la convergence de tous ces facteurs dans cette épidémie. L’évolution de la situation souligne la nécessité d’une forte coordination locale et régionale, d’une meilleure préparation et d’un soutien international durable», a ajouté Anne Archer. «La détection précoce, l’implication des communautés ainsi que l’action des acteurs locaux de la santé publique sont essentielles pour endiguer cette épidémie», a–t–elle souligné. «Notre message aujourd’hui est clair: cette épidémie peut être maîtrisée si les communautés sont au coeur de la réponse, et les mesures prises doivent être locales, adaptables, coordonnées et durables», a insisté Anne Archer.