Au petit matin, les plages sont encore désertes. Pourtant, serviettes et transats encombrent déjà le littoral. La tristement célèbre «guerre des serviettes» qui sévit sur les côtes croates n'est pas un phénomène nouveau. Si la réservation de son coin de sable à l'aide d'une serviette est en principe strictement interdite, de nombreux touristes continuent de bafouer allègrement le règlement.
Sur la plage de la station balnéaire de Tučepi, des rangées interminables de transats apparaissent quotidiennement dès 6h30. Excédé, un père de famille allemand a confié son désarroi au portail d'information croate Index.hr: impossible pour lui, son épouse et leurs trois jeunes enfants d'échapper au soleil brûlant. En plein milieu de la journée, alors que la chaleur devenait accablante, la famille a été contrainte d'écourter sa baignade et de fuir, faute d'avoir pu trouver le moindre coin ombragé. De quoi mettre à mal le plaisir des vacances.
Les communes interviennent
Face à ces vacanciers qui s'approprient les meilleurs emplacements à coups de serviettes ou de tapis de plage, plusieurs municipalités croates ont décidé de sérieusement durcir le ton. A Makarska, la commune a opté pour la manière forte en déployant une brigade spécialement chargée de confisquer et de jeter les affaires disposées au sol en l'absence de propriétaire. «Nous répéterons ces opérations de nettoyage tant que certains s'obstineront à refuser de se plier aux règles claires d'utilisation des plages municipales», a averti la ville sur son compte Instagram.
Même son de cloche à Sveti Filip i Jakov, dans la région de Zadar. Dans une publication Facebook, la commune a indiqué que des véhicules utilitaires parcouraient désormais les plages dès l'aube pour ramasser les objets laissés à l'abandon. Une initiative largement saluée dans l'espace commentaires de la publication. «Il faudrait instaurer cela sur beaucoup d'autres plages», suggère un internaute.
Une mesure radicale
Ces mesures radicales sont toutefois loin de faire l'unanimité. Les lève-tôt, en particulier, s'inquiètent pour leurs affaires: ils redoutent que leur serviette ne finisse directement à la poubelle pendant qu'ils s'offrent une baignade matinale. Une internaute propose ainsi une approche différente: «Les serviettes qui restent sur place pour la nuit devraient plutôt être ramassées le soir.»
Les autorités croates ne sont d'ailleurs pas les seules à sévir contre cette privatisation sauvage des plages. En Italie, c'est désormais la garde côtière qui monte au créneau. Le message est clair: quiconque laisse un parasol, un transat ou tout autre effet personnel sur le sable pendant la nuit a de fortes chances de ne plus les retrouver le lendemain matin.