Voici le palmarès du 79e festival de Cannes, décerné samedi par le jury présidé par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook.
Palme d'or
«Fjord», du Roumain Cristian Mungiu
Inspiré de faits réel, le film se déroule en Norvège où un très pieux couple évangélique (Sebastian Stan et Renate Reinsve) s'installe avec ses cinq enfants et semble d'abord s'intégrer sans heurts à une société qui proclame sa tolérance et son respect des minorités.
Grand Prix
«Minotaure», du Russe Andreï Zviaguintsev
Drame sur un couple de la bourgeoisie russe, avec en toile de fond la guerre et le délitement de la société. Il raconte l'histoire d'un chef d'entreprise prospère qui vit avec sa femme et leur fils dans une belle demeure en bordure de forêt. Gleb gère son affaire tout en s'occupant de trouver au sein de son entreprise des conscrits pour l'armée russe.
Prix de la mise en scène
«La bola negra», des Espagnols Javier Calvo et Javier Ambrossi
Ce plaidoyer LGBT pour l'acceptation de soi débute pendant la guerre civile espagnole et multiplie les allers-retours avec l'époque actuelle pour radiographier des amours gays étouffés par la honte et le secret.
«Fatherland», du Polonais Pawel Pawlikowski
Ce film fait revivre le retour d'exil du grand écrivain allemand Thomas Mann en 1949, seize ans après son départ, dans un pays fracturé entre Est et Ouest, où il est sommé de choisir son camp.
Prix du jury
«L'Aventure rêvée», de l'Allemande Valeska Grisebach
Dans ce film, qui amène le spectateur aux frontières à l'est de l'Europe, Veska, archéologue, revient pour des fouilles là où elle a grandi, dans une petite ville de Bulgarie. Elle retrouve Saïd, un ami d'enfance, et se retrouve mêlée à ses affaires de contrebande et compromissions avec la mafia.
Prix du scénario
Emmanuel Marre pour «Notre salut»
Le film fait le portrait d'un fonctionnaire du régime de Vichy qui tente de profiter du chaos de la défaite pour redorer son blason. Emmanuel Marre raconte en réalité l'histoire de son arrière-grand-père Henri Marre (joué par Swann Arlaud), auteur d'un livre mêlant pensée managériale et patriotisme, qu'il tenta de promouvoir pendant la période vichyste.
Prix d'interprétation féminine
Virginie Efira et Tao Okamoto dans «Soudain» du Japonais Ryusuke Hamaguchi
Ce film est l'histoire d'une directrice d'Ehpad qui tente d'appliquer une nouvelle méthode avec ses résidents, basée sur la bienveillance et l'écoute. Elle se lie d'amitié avec une metteuse en scène japonaise, atteinte d'un cancer en phase terminale.
Prix d'interprétation masculine
Le Belge Emmanuel Macchia et le Français Valentin Campagne dans «Coward» du Belge Lukas Dhont.
Film sur une passion cachée entre deux jeunes soldats, dans le chaos des champs de bataille belges de la Grande Guerre.
Caméra d'or
«Ben'imana», de Marie-Clémentine Dusabejambo.
Ce premier film de la réalisatrice rwandaise aborde la question de la mémoire du génocide des Tutsis au travers des tribunaux mis en place pour favoriser la réconciliation au sein des communautés déchirées.