«L'expansionnisme autoritaire» de la Chine au niveau maritime va persister si rien n'est fait sur la scène internationale, a mis en garde un haut responsable sécuritaire taïwanais mercredi. Des navires chinois parcourent régulièrement la mer de Chine orientale, le détroit de Taïwan ou encore la mer de Chine méridionale pour faire valoir les revendications de Pékin sur des eaux et îles, dont Taïwan.
Pékin «pousse constamment les limites par une approche incrémentale, celle de la tactique du salami» (qui consiste à obtenir de petits gains successifs pour tenter d'atteindre un objectif majeur, ndlr), a déclaré Lii Wen, secrétaire général adjoint du Conseil de sécurité nationale, lors d'un forum international sur les océans.
«Transformer des voies navigables internationales en eaux intérieures»
Selon Lii Wen, «l'expansionnisme autoritaire» de la Chine se manifeste par l'utilisation de navires militaires, de garde-côtes, de milice maritime ou encore de recherche. L'objectif: «transformer des voies navigables internationales en eaux intérieures», d'après le responsable taïwanais. «Si le monde échoue à faire entendre nos préoccupations ou à agir, cet expansionnisme ne fera que se poursuivre», a estimé Lii Wen.
La ministre taïwanaise des Affaires océaniques, Kuan Bi-ling, a, elle, déclaré lors du forum qu'à l'instar de Taïwan, le Japon et les Philippines étaient confrontés au «même schéma d'actions», «délibérément contenues pour rester en-deçà du seuil de la guerre conventionnelle». Ces déclarations interviennent au lendemain d'un nouveau face à face entre des navires des garde-côtes japonais et chinois près d'îles disputées – appelées Senkaku par Tokyo et Diaoyu par Pékin.
La partie japonaise a affirmé avoir expulsé deux navires chinois qui s'approchaient d'un bateau de pêche nippon. La partie chinoise a, elle, indiqué avoir chassé le bateau de pêche japonais, accusé d'avoir «pénétré illégalement» dans les eaux territoriales chinoises.