Un drone chargé d'explosifs a été découvert près de l'aéroport international de Bogota qui abrite également des installations militaires, a indiqué vendredi à l'AFP une source de l'armée colombienne.
L'engin a été découvert mercredi à 5 kilomètres de la base aérienne militaire de Catam, attenante à l'aéroport international El Dorado, dans un contexte de pression des groupes armés en Colombie à l'approche de l'élection présidentielle du 31 mai. Les drones sont couramment utilisés par les guérillas, principalement celles de l'Armée de libération nationale (ELN) et des dissidents des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pour attaquer des bases militaires ou des postes de police.
«Les indices (de la présence du drone) sont venus du parquet du Cauca», département du sud-ouest du pays où l'armée et les guérillas colombiennes mènent de violents combats, a déclaré à l'AFP un responsable de l'armée.
«Une erreur»
Cette région compte de vastes zones de cultures illicites de coca – principal ingrédient de la cocaïne dont la Colombie est le premier producteur mondial –, et est le bastion de la dissidence de l'EMC, sous les ordres d'Ivan Modrisco, le criminel le plus recherché du pays qui a tourné le dos à l'accord de paix historique de 2016 avec les Farc. L'EMC a reconnu sa responsabilité dans l'attentat à la bombe qui le 25 avril a tué 21 civils mais a plaidé une «erreur», disant qu'elle voulait s'attaquer à l'armée qui pourchasse ses combattants.
Gustavo Petro, premier président de gauche de la Colombie qui quittera le pouvoir le 7 août, avait entamé un processus de «paix totale» avec les différents groupes armés qui sévissent en Colombie mais n'a abouti à un accord avec aucun d'entre eux.
Ivan Cepeda, favori des sondages et issu du même parti que Gustavo Petro, a assuré qu'en cas de victoire il cherchera à mettre fin par le dialogue à 60 années de conflit interne, sur fond de narcotrafic grâce auquel se financent guérillas et cartels. Les candidats de droite à la lutte pour une place au second tour, Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia, rejettent le principe de dialogue avec les groupes armées et promettent de s'attaquer frontalement à eux.