Genève redoute le G7 d'Évian et les manifestations de protestation qui pourraient transformer la ville en champ de bataille. Mais un autre événement pourrait changer la donne et remonter le moral des autorités genevoises.
L'hypothèse d'une possible signature à Genève, ce week-end, d'un protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis remonte en effet en flèche depuis les annonces de Donald Trump, qui a subitement renoncé à une nouvelle phase de frappes aériennes. «Oui, Genève est une possibilité», reconnaît ce vendredi 12 juin une source française de haut niveau, impliquée dans la préparation du sommet d'Évian. Le président des États-Unis a, pour rappel, déjà désigné son émissaire pour signer ce document si l'accord devait être confirmé : il s'agira du vice-président J. D. Vance.
Les Iraniens attendent
Rien n'est acquis, bien sûr. En Iran, la version officielle des autorités depuis vingt-quatre heures sème le doute. Officiellement, un accord demeure bien plus éloigné que ne le prétend le président Trump. Et pourtant. Toujours selon cette source française haut placée, le ministère iranien des Affaires étrangères a bien confirmé à plusieurs interlocuteurs européens, dans la nuit de jeudi à vendredi, qu'une finalisation d'un accord de principe est en cours. Cet accord serait un préambule. Il fixerait un cessez-le-feu de soixante jours durant lequel les négociations sur le programme nucléaire militaire iranien se dérouleraient. Ce cessez-le-feu vaudrait aussi pour le Liban. Il s'accompagnerait d'une réouverture du détroit d'Ormuz et d'un dégel des fonds iraniens bloqués à l'étranger, à commencer par les douze millions de dollars bloqués dans les banques iraniennes au Qatar.
Rôle historique de la Suisse
Pourquoi Genève? La raison citée, outre le rôle historique joué par la Suisse depuis 1980 comme représentante des intérêts américains en Iran, est le calendrier. Plusieurs États arabes du Golfe persique ont été conviés par la France au sommet du G7 d'Évian, où une discussion sur le Moyen-Orient et le détroit d'Ormuz doit avoir lieu. Les États-Unis estiment aussi que la négociation entre l'Iran et Oman à Genève, interrompue par leurs frappes du 28 février, est un processus qui pourrait se poursuivre après la conclusion de ce protocole d'accord.
On s'acheminerait donc, si Genève est choisie, vers des pourparlers de longue durée au bord du Léman, au moins durant les soixante jours de cessez-le-feu. Crédible alors que la police genevoise quadrille la ville en vue des manifestations anti-G7 et que des planches de protection recouvrent les vitrines par peur des dégâts et des violences? À ce stade, difficile à dire. Mais le nom de Genève est bel et bien cité par les diplomates.