Nesip D. a attaqué plusieurs personnes au couteau à la gare de Winterthour jeudi 28 mai à l'heure de pointe. Trois personnes ont été blessées. Pendant l'attaque brutale, son couteau s'est même cassé.
Une conférence de presse a eu lieu quelques heures plus tard. Le conseiller d'Etat Mario Fehr a qualifié à plusieurs reprises l'attaque d'«acte terroriste». Ses relations passées avec la tristement célèbre mosquée An'Nur ont également été abordées. Le suspect faisait partie d'un groupe dont plusieurs jeunes ont été accusés et partiellement condamnés par la suite.
Que son fils soit qualifié de terroriste, le père de Nesip D. ne l'accepte pas. «Mon fils n'est pas un terroriste, mais un malade psychique qui a besoin d'aide!», déclare-t-il à Blick jeudi soir.
La famille est interrogée
Actuellement, le père se trouve en Turquie, il n'a eu que de brefs contacts avec la famille jeudi. «Mon ex-femme et nos deux fils sont également interrogés sur Nesip». Il a appris la nouvelle par les médias ainsi que par des connaissances et des amis de la famille. «Je ne sais pas non plus pourquoi ni comment cela s'est passé».
Le papa confirme que son fils fréquentait autrefois la mosquée An'Nur et qu'il s'y est radicalisé. Il en va de même pour ses deux autres fils. Pourtant, il avait déjà mis en garde ses enfants à l'époque: «Je trouvais les prêches un peu difficiles. Ils ne correspondent pas à ma compréhension de l'islam. Etre musulman, c'est être quelqu'un de bien».
«Pas de petite amie, pas de travail, pas d'argent»
Alors que ses deux jeunes frères ont rapidement pris d'autres chemins, Nesip D. est resté bloqué. Son père est déçu: «Il n'a pas de formation, pas de travail et pas d'argent non plus». La famille subvient aux besoins du jeune homme, lui achète des vêtements et l'accompagne à ses rendez-vous, par exemple chez le médecin.
Le père décrit le quotidien de son fils, qui vit chez sa mère, comme «très retiré». «Nesip n'a pas de contacts sociaux, pas de petite amie... ce n'est pas bon pour le psychisme», explique-t-il. «Depuis dix ans, il ne fait rien et fume trois ou quatre paquets de cigarettes par jour. Pourtant, il pourrait accomplir tant de choses en Suisse. C'est un homme intelligent!»
Il a essayé à plusieurs reprises de raisonner son fils. «Il devrait faire quelque chose de sa vie!» Mais celui-ci l'a à chaque fois ignoré. Le père explique en outre que son fils tient depuis des années des «propos confus» et un comportement. étrange. «En tant que proches, nous avons essayé à plusieurs reprises de lui offrir une aide psychologique».
Comme les parents espéraient une amélioration en Turquie, Nesip D. y a déménagé pour un temps. Selon son père, il ne trouvait pas non plus sa place dans son pays d'origine. «Il se disputait constamment avec les autres, se bagarrait souvent. Mais en Turquie, il faut faire attention à qui on se frotte».
Etat d'urgence depuis dix jours
Après les dernières vacances d'été, Nesip D. est retourné en Suisse – sans doute pour sa propre sécurité, selon son père. Au cours des dix derniers jours, son état se serait toutefois aggravé. «C'est pourquoi j'étais soulagé quand il a appelé lui-même la police et s'est rendu à la clinique. J'espérais qu'il obtiendrait enfin l'aide dont il avait besoin.»
Mais Nesip D. a quitté la clinique mardi. «Il avait apparemment peur du traitement, il a parlé d'injections. J'ai essayé de le rassurer». Il aurait recommandé à son fils de recourir à la thérapie. «Je lui ai dit: prends tes cachets, mange bien, fais du sport. Considère cela comme un séjour dans un hôtel cinq étoiles – pour ta propre santé!»
Mais les événements ont pris une autre tournure. Le père du suspect ne cesse de souligner à quel point il est désolé pour les victimes: «J'espère que tout le monde se rétablira!»