Un résultat sans surprise
Le camp bourgeois reste majoritaire au gouvernement bernois

Le camp bourgeois a conservé sa majorité au Conseil exécutif du Canton de Berne. L'UDC Pierre Alain Schnegg conserve le siège dévolu au Jura bernois.
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Le camp bourgeois a conservé sa majorité au Conseil exécutif du Canton de Berne.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

C'est le statu quo des forces en présence à l'issue des élections dimanche au gouvernement bernois. Le camp bourgeois reste majoritaire avec quatre représentants contre trois à la gauche. Le conseiller d'Etat UDC Pierre Alain Schnegg continuera d'occuper le siège réservé par la Constitution au Jura bernois.

Le Conseil-exécutif bernois comptera pour la prochaine législature 2 UDC, 2 socialistes, 1 PLR, 1 élue des Vert-e-s et 1 élue du Centre. L'UDC a donc échoué dans sa tentative de ravir un 3e siège en profitant des départs de trois conseillers d'Etat. Les Vert-e-s ont réussi à sauver le siège laissé vacant avec le départ de Christine Häsler avec l'élection de la conseillère nationale Aline Trede.

Comme attendu, la réélection des quatre conseillers d'Etat en course pour un nouveau mandat n'a jamais été mise en danger. Reste que la composition du Conseil-exécutif est largement remodelée à l'issue de ces élections avec l'arrivée de Raphael Lanz (UDC), d'Aline Trede et de Reto Müller (PS). Ils remplacent les trois conseillers d'Etat qui ne se représentaient pas: l'UDC Christoph Neuhaus, le socialiste Christoph Ammann et la Verte Christine Häsler.

Statu quo

La conseillère d'Etat centriste Astrid Bärtschi a terminé en tête avec 138'672 voix. Elle devance la conseillère d'Etat socialiste Evi Allemann avec 129'824 voix et le conseiller d'Etat PLR Philippe Müller avec 120'623 voix.

En 4e position, on trouve un nouveau venu, le maire de Thoune, l'UDC Raphael Lanz avec 109'078 voix. Il devance son collègue de parti Pierre Alain Schnegg avec 108'022 voix, la candidate des Vert-e-s Aline Trede avec 101'511 voix et le candidat socialiste Reto Müller avec 99'021 voix, longtemps au coude-à-coude avec le 3e candidat UDC Daniel Bichsel.

Le socialiste du Jura bernois Hervé Gullotti se classe à la 9e place avec 87'956 voix. L'alliance bourgeoise UDC-PLR-Le Centre s'était lancée dans la course avec cinq candidats. La coalition rose-verte avait présenté un ticket à quatre candidats pour tenter de s'emparer de la majorité perdue en 2016.

Siège du Jura bernois

Le conseiller d'Etat UDC Pierre Alain Schnegg continuera d'occuper le siège réservé au Jura bernois par la Constitution. Le candidat qui représente la partie francophone du canton détermine en général la majorité au Conseil-exécutif.

Le citoyen de Champoz a réalisé le meilleur score dans le Jura bernois. En poste depuis 2016, le directeur de la santé , des affaires sociales et de l'intégration a obtenu 5363 voix dans l'arrondissement francophone, devançant son adversaire de gauche Hervé Gullotti qui a recueilli 4189 voix.

Pierre Alain Schnegg s'est dit très satisfait de sa réélection. Il estime que la population a jugé sur la base du bon travail fourni au moment de renouveler le gouvernement. «Il n'a malheureusement pas manqué grand-chose pour avoir cinq représentants de l'alliance bourgeoise. Ca valait la peine de se battre avec ces cinq candidats», a-t-il expliqué à Keystone-ATS.

«Je savais que je partais dans des conditions difficiles», a confié Hervé Gullotti. Le socialiste se dit motivé à retenter sa chance dans quatre ans dans le but de ravir le siège réservé au Jura bernois. Il estime que le départ de Moutier ne l'a pas pénalisé, car les voix des socialistes autonomes de la cité prévôtoise ne lui seraient pas forcément revenues.

Aux législatives, l'UDC vainqueur

Selon le président de l'UDC bernoise Manfred Bühler, si le parti obtenait huit sièges supplémentaires au Grand Conseil, cela constituerait «une surprise». Manfred Bühler espérait au maximum une progression de trois ou quatre sièges au législatif pour son parti. Mais la dernière projection de l'institut gfs.bern indique que l'UDC passerait de 44 à 52 fauteuils.

M. Bühler n'a pas caché sa «petite déception» après avoir vu Daniel Bichsel passer tout proche d'une élection, pour finalement terminer 8e. L'UDC n'a donc pas ravi de 3e fauteuil au Conseil-exécutif. Il a relevé la «mobilisation très forte des villes de gauche, qui ont sans doute eu peur de perdre leur troisième siège». 

Le taux de participation au gouvernement s'est élevé à 33,8% sur l'ensemble du canton, mais avec des différences notables entre les arrondissements administratifs: dans le Jura bernois, il n'a atteint que 27,8%. Il était encore plus bas dans l'arrondissement de Biel/Bienne avec 26,7% alors qu'il s'élevait à 41% dans celui de l'Obersimmental- Saanen. Manfred Bühler a souligné que les politiques devaient être «claires et lisibles» pour davantage intéresser la population. «Si ces politiques peuvent être bien ancrées à droite, je m'en réjouis.»

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