Campings Valais Wallis a réagi, lundi, à l'annonce de l'Etat du Valais de fermer treize campings, situés sur onze communes, en 2025. Pour la faîtière, la décision prise par la Commission cantonale des constructions, doit être suspendue.
Sur ordre des autorités cantonales, le camping d’Arolla avait dû fermer ses portes en juillet 2025. En raison d’une mise à jour des risques liés aux dangers naturels, les propriétaires et les communes ont reçu, il y a 15 jours, un courrier du canton émanant de la Commission cantonale des constructions (CCC).
«Sur ces 13 campings, cinq sont déjà fermés. Deux structures sont en discussion avec l'Etat pour la création d'ouvrage de protection. Six sont soumis à une fermeture immédiate, dont un attend la concrétisation d'un ouvrage de protection», a résumé Christophe Valley, le président de l'association Campings Valais Wallis, lundi lors d'une conférence de presse à Saillon. «Ouvrir un camping sous conditions est la voie responsable pour protéger les personnes, tout en préservant des emplois, des villages et l'attractivité du Valais.»
Trois dans le Valais romand
Les campings qui doivent désormais fermer se situent à Conches, Reckingen, Les Haudères, Salvan, Saas-Balen et Trient. La décision de la CCC ne comporte pas d'effets suspensifs. Plusieurs de ces exploitants ont déposé un recours auprès du tribunal cantonal.
En 2025, les 66 campings du canton ont accumulé 625'612 nuitées, en hausse de 14% par rapport à l'année précédente. «Fermer des campings désorganiserait l'économie locale et accélérerait des pratiques non maîtrisées comme le camping sauvage au détriment, paradoxalement, de la réelle protection des campeurs ainsi que de l'environnement», a encore estimé la faitière.
«La sécurité doit rester une priorité»
Il y a dix jours, le député-suppléant PLR Florian Piasenta avait déposé un postulat urgent auprès du Grand Conseil, inquiet du sort réservé à ces campings. Celui-ci avait été plébiscité par 80% du Parlement.
Pour l'élu, qui est également le président de Salvan, «la sécurité doit rester notre priorité absolue, mais elle ne peut pas se construire au détriment du dialogue et de la proportionnalité. Nous avons besoin de solutions pragmatiques, adaptées à chaque situation et d'une phase transitoire qui permette aux communes et aux exploitants de s'organiser sans mettre en péril l'activité touristique de nos régions. Nous ne sommes pas dans une posture d'opposition.»
Demande d'une stratégie cantonale
Concrètement, Campings Valais Wallis et l'association suisse des campings (Swisscamps) demandent «de réactiver, à court terme, une évaluation raisonnée, site par site». A moyen terme, la faîtière attend la mise en place «d'une stratégie cantonale volontariste pour accélérer les ouvrages de protection là où ils sont pertinents et planifier, lorsque nécessaire, des relocalisations qui ne dévitalisent pas les territoires.»
«Nous appelons également à la création d'outils à d'aide à fonds perdus pour les communes et les exploitants, dans le cadre de la stratégie touristique cantonale», a poursuivi Christophe Valley.
Création d'une task force
«L’Etat du Valais va constituer une task force afin de renforcer la collaboration entre les services de l’Etat concernés, les exploitants, les propriétaires et des communes pour les aider à trouver des solutions à court, moyen et long terme. Cette démarche répond également à la volonté du Grand Conseil», a précisé, lundi, le Département de la mobilité, du territoire et de l’environnement, interpellé par Keystone-ATS.
«Les risques étaient connus depuis des années et que des avertissements ont été adressés dès 2020, puis rappelés en 2024 et en 2025», a souligné l'Etat du Valais. «Chaque exploitant ou propriétaire doit maintenant réaliser une expertise locale de danger qui montre dans quelles conditions d’exploitation et avec quelles mesures de protection les risques peuvent être considérés comme acceptables.»
Chaque situation pourra être réévaluée par le Service des dangers naturels et pourrait être reconsidérée. «Si l’intérêt économique est évidemment important, la sécurité des personnes est prioritaire.», relève encore l'Etat.