Les plus hostiles d'Europe
Près de la moitié des Suisses se méfient de Trump

Un sondage révèle qu'en 2026, plus de 40% des Suisses perçoivent Donald Trump comme un rival ou adversaire. Les critiques sur les droits de douane et l'ordre international alimentent cette méfiance croissante.
La Suisse est le pays d'Europe le plus hostile à Washington.
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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ATS Agence télégraphique suisse

Les offensives du président américain Donald Trump sur les droits de douane ou contre l'ordre international rebutent de plus en plus les Suisses. Selon un sondage avant le sommet du G7 d'Evian (F), plus de 40% le voient désormais comme un rival ou un adversaire.

Depuis novembre 2024, mois de l'élection de Donald Trump, la courbe des Suisses qui se méfient du président américain n'a cessé d'augmenter. Désormais, 25,8% le considèrent comme un adversaire, en progression de 5 points en six mois, selon ce sondage mené en mai pour le Conseil européen des affaires étrangères (ECFR) et dévoilé mercredi.

Un soutien important

Cette portion, la plus importante parmi les 12 pays européens testés, a pris le pas sur ceux qui estiment seulement que c'est un rival, désormais à environ 15%. Les deux étaient autour de 20% en novembre dernier.

Les Suisses qui parlent de Donald Trump comme un allié ou un partenaire restent la part la plus importante, à 45,4%. Mais ils étaient encore plus de 53% il y a six mois. Les partisans d'une alliance sont stables à 7,9%. Les défenseurs d'un partenariat reculent, désormais à un peu plus de 37%, ajoute le sondage mené notamment auprès d'un millier de Suisses, en partenariat avec le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Ils sont les moins nombreux parmi les 12 pays évalués.

Le président américain avait ramené les droits de douane avec la Suisse de 39 à 15%, avant que ceux-ci ne soient invalidés par la Cour suprême. Depuis, un taux de 10% est en vigueur, mais limité jusqu'au 24 juillet. Désormais, les Etats-Unis souhaitent appliquer 12,5% de tarifs sur les produits considérés comme fabriqués avec du travail forcé. Et d'autres taxes pourraient porter sur une présumée surcapacité.

Armes américaines pas validées du tout

Toutes ces allégations ont été fermement rejetées par le Conseil fédéral, avait rappelé récemment le président de la Confédération Guy Parmelin. Les deux parties continuent de discuter. Au total, 30% des Suisses estiment que les dommages relationnels entre les Etats-Unis et les pays européens dureront après sa présidence.

Parmi les autres indications du sondage, trois quarts des ersonnes interogés estiment que Washington ne viendrait pas à leur secours en cas d'attaques. Deux tiers affirment au contraire que les pays de l'UE les défendraient.

Une part semblable demande d'acheter davantage d'armes européennes. Les Suisses sont en revanche 73% à ne pas vouloir de matériel militaire américain, contre à peine plus de 15% qui le plébiscitent. La moitié des sondés souhaitent aussi une enveloppe plus importante pour la défense nationale, contre 39% qui s'y opposent. Mais une portion égale ne veut pas que cet effort soit mené au détriment d'autres coupes dans les financements publics.

Autre demande, 56% s'opposent à l'envoi de soldats suisses en Ukraine. Un tiers toutefois le souhaite. Deux tiers des Suisses souhaitent que les efforts soient mis sur les énergies renouvelables et blâment les Etats-Unis pour les augmentations des prix énergétiques. Seuls 27% veulent des importations de pétrole et de gaz russes, contre 45% qui les rejettent.

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