Donald Trump a encore frappé. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain a annoncé de nouveaux droits de douane punitifs visant 60 pays, dont la Suisse. Depuis 6h ce vendredi, une taxe à l'importation de 12,5% s'applique aux importations helvétiques, même si des exemptions restent possibles.
Washington justifie ces nouvelles mesures en accusant les pays concernés de ne pas protéger suffisamment leurs marchés contre les produits issus du travail forcé. Selon le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, cette situation crée des «conditions de concurrence inéquitables» que les Etats-Unis ne sont «plus disposés à tolérer».
Nouvelle enquête contre la Suisse
Mais le pire reste peut-être encore à venir pour l'éconmie suisse. Parallèlement à ces accusations liées au travail forcé, l'administration américaine mène une autre enquête, fondée sur la Section 301 de la loi américaine sur le commerce extérieur, qui pourrait déboucher sur des droits de douane supplémentaires.
Les Etats-Unis reprochent à la Suisse, à l'Union européenne, à la Chine et à treize autres partenaires commerciaux de favoriser des surcapacités de production, ce qui générerait selon eux des excédents commerciaux déloyaux. A ce titre, de premières auditions ont eu lieu en mai.
Aucune date n'a encore été fixée quant à la publication des conclusions de cette l'enquête. Pour Rahul Sahgal, directeur de la Chambre de commerce Suisse–Etats-Unis, les accusations américaines sont sans fondement. «Nous contestons l'idée que la Suisse crée des surcapacités grâce à une politique industrielle active», déclarait-il récemment.
De nouvelles taxes semblent inéluctables
Reste que l'avis de la Suisse pèsera sans doute peu face à Donald Trump. Pour Richard Baldwin, professeur d'économie internationale à l'IMD de Lausanne, l'issue de l'enquête paraît donc largement prévisible: elle devrait être défavorable aux pays visés.
La Suisse risque ainsi une nouvelle hausse des droits de douane américains. Son l'ampleur demeure toutefois inconnue. Dans ce contexte, les milieux économiques continuent d'espérer un accord juridiquement contraignant entre Berne et Washington. L'entente négociée l'an dernier prévoyait un taux de droits de douane de 15%.