Le président américain Donald Trump s'en prend de nouveau à la Suisse au sujet des droits de douane. Washington reproche à la Confédération de ne pas en faire assez pour lutter contre les produits issus du travail forcé et menace désormais d'imposer de nouveaux droits de douane punitifs entre 10 et 12,5%! La Cour suprême des Etats-Unis ayant jugé ces droits de douane illégaux, Trump cherche maintenant de nouveaux moyens pour maintenir son régime tarifaire.
La Suisse figure sur une liste de 60 pays et régions économiques qui, selon le représentant américain au commerce, ne protègent pas suffisamment leurs marchés contre les produits issus du travail forcé. Etonnamment, les Etats-Unis placent la Suisse au même rang que la Chine, la Russie, l'Arabie saoudite et d'autres pays.
Dans un bref communiqué, Washington critique la Suisse pour son absence d'interdiction effective d'importer des produits issus du travail forcé. Cette situation permet à des marchandises produites dans des conditions douteuses d'entrer sur le marché mondial, pénalisant ainsi les entreprises respectueuses des normes équitables. «Il est inacceptable que nos principaux partenaires commerciaux ne fassent rien pour empêcher l'importation de biens produits grâce au travail forcé. Cela contraint les travailleurs américains à une concurrence mondiale inégale», a déclaré le représentant américain au commerce, Jamieson Greer. «Nous ne tolérerons plus cette inégalité.»
Pénible pour la Suisse
Les Etats-Unis envisagent des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre 12,5% sur les importations en provenance des pays concernés. Pour les pays ayant déjà mis en œuvre certaines mesures contre les produits issus du travail forcé, ces droits s'élèveraient à 10%. L'impact réel sur la Suisse reste à déterminer. Une procédure de consultation est en cours.
Cette mesure pourrait s'avérer problématique pour la Suisse, fortement tournée vers l'exportation. Les Etats-Unis constituent l'un des marchés les plus importants pour les entreprises suisses. Les secteurs pharmaceutique, mécanique et des produits de luxe, en particulier, suivent de près l'évolution de la situation. La décision de traduire cette menace en droits de douane devrait être prise dans les prochaines semaines. Une audition publique est prévue début juillet.