La date butoir se rapproche
La Suisse est dans la dernière ligne droite pour un accord avec Trump

La Suisse doit conclure un accord douanier avec les Etats-Unis d'ici le 31 mars. Le ministre de l'Economie, Guy Parmelin, et le Secrétariat d'Etat à l'Economie (Seco) négocient sous forte pression. Mais ce délai est-il encore nécessaire?
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La Suisse négocie avec le président américain Donald Trump.
Photo: LAURENT GILLIERON
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Tobias Bruggmann

La Suisse a longtemps tremblé en attendant de connaître son sort. Et puis enfin, à la mi-novembre 2025, le ministre de l’Economie, Guy Parmelin, a annoncé une déclaration d’intention avec les Etats-Unis, prévoyant une réduction des droits de douane. Mais la pression ne s’est pas relâchée pour autant, car Donald Trump a fixé un ultimatum à la Suisse pour transformer cette déclaration en accord contraignant avant la fin mars.

Un accord sera-t-il conclu d'ici le 31 mars, soit dans moins d'une semaine? Le Secrétariat d'Etat aux Affaires économiques (Seco) indique que les négociations avec les Etats-Unis se déroulent «comme prévu». Mais interrogé sur le maintien d'un accord d'ici la fin mars, le Seco nous répond promptement: «Nous ne ferons aucun autre commentaire sur les négociations en cours.»

Une première série de négociations s'est tenue à Berne en février. Début mars, les négociateurs en chef des deux parties se sont rencontrés à Washington pour des discussions. Des progrès auraient été réalisés lors de ces discussions, «fidèles à l'intention mentionnée dans la déclaration commune pour le premier trimestre». Les négociations se poursuivraient, les deux parties étant en contact permanent. 

Mais même pour les Etats-Unis, l'échéance pourrait ne plus être aussi stricte que prévu. Rahul Sahgal, président de la Chambre de commerce suisse-américaine, a déclaré à la NZZ que cette date n'avait plus d'importance après la décision de la Cour suprême. En effet, la Cour a déclaré les droits de douane illégaux, mais Trump a déjà trouvé une nouvelle solution en créant un droit de douane de 10% qui expire fin juillet et il est fort probable que l'accord soit finalisé d'ici là.

Référendum possible

Ensuite, le Parlement devra se prononcer sur le traité, et le peuple pourrait même être consulté. Le parti des Vert-e-s étudie actuellement la possibilité d’un référendum, explique sa présidente, Lisa Mazzone. «Bien sûr, nous examinerons les négociations du Conseil fédéral. Mais nous n’envisageons aucun scénario où la Suisse serait mieux avec l'accord que sans.»

Elle affirme que les négociations entre la Suisse et les Etats-Unis sont une «soumission à Trump». «C'est pratiquement un traité d'asservissement.» Lisa Mazzone est particulièrement agacée par «l'importation imminente, en franchise de droits, de viande aux hormones et de poulet chloré».

Le Parti socialiste (PS) souhaite attendre l'issue des négociations avant d'aborder la question d'un référendum, d'après Fabian Molina, conseiller national. «Mais même le mandat de négociation était insuffisant.» Fabian Molina ne craint pas qu'un rejet de l'accord entraînerait de nouveaux droits de douane. «Nous devrons payer des droits de douane d'une manière ou d'une autre.»

Des opposants à l'accord

Des particuliers se préparent aussi à un éventuel référendum: Pierre-Alain Bruchez collecte déjà des adresses électroniques. Il souhaite pouvoir mobiliser la population au plus vite si aucun parti ni organisation ne lance de référendum contre l’accord douanier. «Si l’on en croit la déclaration d’intention, il est probable que cet accord restreigne notre souveraineté et mette en péril notre neutralité.»

Pierre-Alain Bruchez s'y connait en matière d'action politique. En 2023, il a lancé un référendum contre la loi sur l'électricité, sans le soutien d'un grand parti politique. Il a recueilli les 50'000 signatures requises, notamment grâce au soutien de la Fondation Franz Weber et de Free Landscape Switzerland. Mais il espère désormais qu'on n'aura pas besoin de lui et que les partis organiseront plutôt un référendum contre l'accord douanier. «Les chances de succès seraient probablement plus élevées.»

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