Les embouteillages s’accumulent et le réseau autoroutier suisse frôle de plus en plus souvent l'asphyxie. L'année dernière, pas moins de 68'040 heures de bouchons ont été enregistrées dans le pays. Cela représente une augmentation considérable de 22% par rapport à l'année précédente.
Mais où perd-on le plus son temps? Le tout dernier rapport statistique de l'Office fédéral des routes (OFROU) apporte pour la première fois des réponses détaillées. Ces chiffres permettent de voir précisément où vous risquez le plus de rester coincé au milieu des voitures, et là où la congestion a le plus progressé.
Point noir dans la région de Bâle
Dans la région de Bâle, la situation est telle que la Confédération elle-même parle désormais d'un véritable «point noir». Les heures d’embouteillage y ont augmenté de 60%, un chiffre tout simplement incroyable. Environ 40% des heures d’embouteillage supplémentaires sur l’ensemble du réseau routier national ont été enregistrées dans la région de Bâle.
La plus forte augmentation concerne le tronçon d’autoroute entre l’échangeur de Hagnau et la gare badoise. Rien qu’à cet endroit, selon le sens de circulation, jusqu’à 1500 heures d’embouteillage supplémentaires ont été enregistrées en 2025. Cela correspond à une surcharge de trois à quatre heures par jour.
Le chantier de rénovation de la tangente est «a encore aggravé la situation», écrit l’OFROU. Un éventuel allègement de la circulation grâce au tunnel controversé sous le Rhin reste toutefois lointain. Le ministre des Transports Albert Rösti (58 ans) souhaite notamment mener à bien ce projet d’ici 2045, bien que les électeurs se soient prononcés contre celui-ci fin 2024.
Fin des travaux, fin des bouchons
La congestion sur l’A1 a également nettement augmenté, avec 2431 heures d’embouteillage supplémentaires. La hausse de 15% qui en résulte reste toutefois inférieure à la moyenne nationale. Ces augmentations se sont réparties géographiquement sur l’ensemble de l’axe, avec des pics dans la région de Genève, dans celle de Berne, entre Luterbach (SO) et Härkingen (SO), ainsi que dans les régions d’Aarau et de Zurich.
Les autorités ont remarqué que, sur l’A1 en direction de Berne, le volume des embouteillages entre Mägenwil (AG) et Oftringen (AG) a nettement diminué. Une baisse a également été constatée dans le sens inverse. «Cela s’explique probablement par l’achèvement des travaux», indique le rapport.
L’A3 occupe la troisième place, avec 1961 heures d’embouteillage supplémentaires. Cette augmentation de 23% correspond à peu près à la moyenne. Comme pour l’A2, la majeure partie de ces hausses est imputable à la région de Bâle, souligne l’Office fédéral. Cela concerne notamment la tangente nord de l’A3 en direction de la France ainsi que le tronçon entre Augst (BL) et Rheinfelden (AG).
Mais le contournement ouest de Zurich a également été régulièrement le théâtre d’embouteillages. Au total, les heures de congestion sur l’A3 dans la région ont augmenté de 5,4%.
Le trafic progresse partout
Et puis, il y a l'incontournable tunnel du Gothard, qui est resté en 2025 un point noir majeur du réseau. Néanmoins, par rapport à l'année précédente, la hausse des embouteillages y a été inférieure à la moyenne, se limitant à 3,2%. Sans surprise, ces ralentissements ont été provoqués, comme toujours, par les départs en week-end, les jours fériés et les vacances.
Une hausse spectaculaire a par ailleurs été enregistrée sur l’A15 dans l’Oberland zurichois, avec 1142 heures de bouchons en plus, soit une augmentation de 57%. Le secteur le plus touché est le tronçon non aménagé situé entre Uster et l’échangeur de Hinwil.
Dans la région de Lucerne, les points noirs habituels des années précédentes se sont à nouveau manifestés en 2025 – notamment l’A14 entre les échangeurs de Rütihof et de Rotsee, l’A2 le long de la ville de Lucerne ainsi que l’A8 au sud en direction de Lucerne. Le nombre d’heures d’embouteillage a légèrement augmenté, mais, avec une hausse de 4,1 %, il est resté nettement inférieur à la moyenne.
Dans la région lémanique, les embouteillages se sont à nouveau répartis entre l’A1 et l’A9; l’A12 n’a été touchée que sur le dernier tronçon avant l’échangeur de la Veyre. Au total, le nombre d’heures d’embouteillage y a augmenté de 9,2%, ce qui est nettement inférieur à la moyenne.
Au Tessin également, les heures d’embouteillage ont augmenté sur presque tous les tronçons des routes nationales. Au total, le volume d’embouteillage a augmenté de 5,9% par rapport à l’année précédente.
Les autorités ont par ailleurs constaté d’autres améliorations. Ainsi, sur l’A6, le tronçon entre Muri (BE) et Wankdorf, élargi grâce à la réaffectation de la bande d’arrêt d’urgence, a enregistré une baisse de 117 heures d’embouteillage (-12%). Sur l’A20, entre Le Locle (NE) et la frontière française, on a enregistré 55 heures d’embouteillage en moins (-6%), et sur l’A24, de Mendrisio (TI) jusqu’à l’embranchement avec l’A2, 26 heures d’embouteillage en moins (-2%).