Le National risque de durcir quelque peu les règles pour les plateformes en ligne à succès telles que Temu et Shein lors de la session de juin. Une commission recommande d'accepter deux motions visant à améliorer les contrôles des produits qui transitent d'Asie en Suisse. Une taxe pourrait être instaurée.
La commission de l'économie et des redevances du National a accepté par 14 voix contre 7 le texte de Benedikt Würth (Centre/SG). Il vise à obliger ces plateformes à signaler clairement les produits qui ne correspondent pas aux normes suisses.
De nombreux tests ont montré les risques que ces produits représentent pour la santé, la sécurité et l'environnement. Une telle mesure, non seulement protège le consommateur, mais préserve aussi les PME d'une concurrence déloyale, indique la commission mardi dans un communiqué.
Taxer aussi les petits colis
Elle a également accepté par 14 voix contre 8 la motion de Fabio Regazzi (Centre/TI) qui veut renforcer les contrôles sur les petits colis venant d'Asie. Aujourd'hui, 500'000 paquets, souvent expédiés à des tarifs préférentiels et sans véritable vérification, arrivent de Chine. Et ce sans compter les envois non déclarés.
Le Tessinois y voit une concurrence déloyale avec les entreprises suisses, soumises à des exigences strictes. Il veut mettre en place un système de contrôle renforcé qui serait financé par une «petite contribution» sur les colis en question.
Pas une plaque tournante de l'Europe
La gestion des petits colis est aussi un thème dans l'Union européenne. Elle veut instaurer dès cette année une taxe sur ce type de colis. Les plateformes telles que Shein profitaient jusqu'à présent de ce flou.
L'association des commerces de détail Swiss Retail craint que la Suisse ne devienne une plaque tournante pour l'importation des colis dans toute l'Europe si elle n'emboîte pas le pas de l'UE. Shein a de son côté déjà anticipé la nouvelle mesure en construisant en Pologne, membre de l'UE.