Les achats transfrontaliers exploseraient
Les commerçants suisses mettent en garde contre une augmentation de la TVA à 10%

La TVA pourrait encore augmenter à 10% en Suisse après son passage de 6,5% à 8,1% depuis 1995. Berne prévoit une hausse pour financer l'armée, l'AVS et l'AI. Mais les commerçants craignent une TVA proche de 10% et une hausse du tourisme d’achat.
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Le Conseil fédéral souhaite à nouveau augmenter la TVA.
Photo: SALVATORE DI NOLFI
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Sven Schumann

Chaque achat effectué en magasin, chez le coiffeur, à la station-service ou en ligne alimente les recettes de l'Etat via la TVA. Depuis son introduction en 1995, cette taxe n'a cessé d'augmenter, passant de 6,5% à 8,1%, et une nouvelle hausse est déjà envisagée.

Pour financer l'augmentation des dépenses militaires, le Conseil fédéral prévoit de relever la TVA de 0,8 point dès 2028. Cette perspective inquiète les commerçants, qui dénoncent une hausse continue de l'impôt sur la consommation.

Dans un communiqué, la Fédération suisse du commerce de détail avertit que «la Suisse se dirige vers une TVA à 10%». D'autres augmentations sont aussi discutées à Berne: une hausse de 0,5 à 0,9 point pour financer la 13e rente AVS, ainsi qu'une hausse supplémentaire de 0,4 point pour l'assurance-invalidité.

Le tourisme d'achat augmenterait

Cette situation pénalise particulièrement les détaillants. En effet, une hausse de la TVA augmente le prix des produits et risque de freiner la consommation en Suisse. A l'inverse, le commerce transfrontalier pourrait en profiter, notamment les entreprises étrangères situées près de la frontière. Les commerçants jugent cette évolution «très problématique pour les consommateurs, les détaillants et l'économie nationale».

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Les détaillants s'appuient sur une étude de l'Université de Saint-Gall, selon laquelle les ménages suisses dépensent déjà 4 milliards de francs par an pour des achats alimentaires dans les pays voisins. Selon eux, une augmentation de la TVA ne ferait qu'accentuer ce phénomène. Ils estiment qu'une politique qui renchérit la consommation en Suisse tout en rendant les achats à l'étranger plus attractifs met encore davantage sous pression les commerces physiques du pays.

Un joker politique

Selon Patrick Erny, directeur de la Fédération suisse du commerce de détail, «la TVA est devenue la réponse préférée des responsables politiques pour financer de nouvelles dépenses». S'il reconnaît que l'armée a besoin de moyens supplémentaires, il estime que ces dépenses devraient être couvertes par une meilleure priorisation, davantage d'efficacité et des réformes structurelles.

Selon lui, la Confédération devrait mieux gérer son budget actuel plutôt que d'augmenter les taxes sur la consommation. «La TVA ne doit pas devenir un réflexe fiscal systématique face aux nouvelles dépenses de l'Etat fédéral», affirme-t-il.

Selon lui, les hausses de TVA sont populaires à Berne parce que de faibles augmentations paraissent, à première vue, moins douloureuses qu'une hausse de l'impôt fédéral direct. Mais ces prélèvements finissent par s'accumuler. L'an dernier, la Confédération a encaissé 27,6 milliards de francs grâce à la TVA, soit près d'un tiers de ses recettes totales.

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