Malgré les heures supplémentaires, le travail le week-end et même la suspension de vacances dans l’administration, la Confédération n’a toujours pas réussi à rattraper les retards dans le versement des indemnités de chômage. En cause: une panne informatique survenue lors de l’introduction d’un nouveau système au début de l’année. Selon les autorités, il faudra probablement attendre l’été pour que tous les arriérés soient enfin résorbés.
Le plus embarrassant pour la Confédération est que personne ne sait exactement combien d’argent est concerné ni combien de chômeurs ont été touchés. «Nous ne connaissons malheureusement pas le nombre de paiements de prestations en retard», a expliqué le ministre de l'Economie UDC Guy Parmelin lundi dernier lors de l'heure des questions au Conseil national.
Dans le même temps, le conseiller fédéral s'est voulu rassurant. Depuis la mise en service du nouveau système au début de l’année et jusqu’au 3 mars, environ 1,013 milliard de francs ont été versés. «Cela correspond à environ 99,2% des paiements qui auraient dû être effectués à cette date», a-t-il expliqué.
Des chiffres qui se dégradent
Mais les données les plus récentes dressent un tableau un peu moins optimiste. Au 9 mars, près de 1106 milliard de francs avaient été versés. «Cela correspond à 94,3% du montant total qui était dû jusqu'à cette date selon les estimations», écrit désormais le département de l'Economie de Parmelin en réponse à une interpellation urgente du conseiller national MCG Daniel Sormanni. Bien que la part ait diminué, le Seco estime être «désormais sur la bonne voie» en ce qui concerne les versements.
Guy Parmelin n'est pas sorti d'affaire pour autant. Lundi, il devra à nouveau répondre aux questions des parlementaires. Le conseiller national PS Islam Alijaj demande une compensation financière pour les personnes touchées par la panne informatique. Selon lui, les conséquences ont été lourdes pour certains chômeurs. «Alors que les gens ont dû attendre leur argent, on leur a peut-être réclamé des frais de rappel. Il est donc juste qu'ils reçoivent plus d'argent.»
Pas de compensation prévue par la loi
Mais dans sa réponse à l'intervention d'Islam Sormanni, le Conseil fédéral a refroidi de tels espoirs. «La loi ne prévoit pas de compensation générale pour d'éventuels retards dans le versement des indemnités de chômage», explique clairement le Département de l'économie. Les assurances sociales seraient soumises à des intérêts moratoires au plus tôt 12 mois après avoir fait valoir un droit aux prestations.
Le département renvoie à une autre option: si une personne au chômage se trouve dans une situation de détresse financière aiguë, elle peut demander une avance à la caisse de chômage.
Un autre règlement de compte jeudi
Est-ce que cela suffira aux élus du Parlement? En plus des questions, un autre rendez-vous est déjà prévu pour un nouveau règlement de compte. Jeudi, l'interpellation d'Islam Sormanni est à l'ordre du jour. Dans le cadre d'un «débat d'actualité», tous les groupes politiques pourront s'exprimer à ce sujet et Parmelin devra répondre à toutes les autres questions.
Et celles-ci ne devraient pas tarder, le nouveau système de paiement n'étant pas encore totalement stable. Mais Guy Parmelin met clairement l'accent sur le fait que «la réduction du retard accumulé et l'amélioration constante de la performance du système sont actuellement mises en œuvre en priorité».