Lorsqu'ils reçoivent une facture après une consultation médicale ou des analyses, de nombreux patients peinent à comprendre précisément ce qui leur est facturé. En Suisse, aucune règle uniforme ne définit en effet les informations qui doivent obligatoirement apparaître sur les factures médicales.
Le conseiller national thurgovien Christian Lohr (Centre) estime qu'une solution plus simple est possible. Dans une motion, il demande au Conseil fédéral d'imposer des règles contraignantes sur le contenu des factures des médecins. Selon lui, une meilleure transparence permettrait de renforcer la confiance dans le système de santé suisse.
Les patients ne comprennent pas grand-chose
Christian Lohr s'appuie également sur une étude de la Haute école spécialisée de Zurich (ZHAW), publiée en 2010, selon laquelle les factures médicales sont difficilement compréhensibles pour les patients lorsqu'elles ne contiennent pas d'explications supplémentaires.
Le conseiller national avance plusieurs pistes pour améliorer la situation: utiliser un langage clair, sans abréviations ni jargon technique, et détailler précisément les prestations prises en charge par l'assurance maladie de base. Il souligne toutefois que ces nouvelles règles ne doivent pas entraîner de charges administratives excessives.
Des erreurs à plusieurs milliards
Christian Lohr défend régulièrement les questions de santé à Berne. L'année dernière, par exemple, il a critiqué, dans une motion parlementaire, le coût élevé des analyses de laboratoire par rapport à d'autres pays.
Les chiffres des caisses d'assurance maladie montrent que les factures sont souvent erronées. Elles corrigent chaque année des erreurs d'une valeur de plusieurs milliards de francs dans les factures des médecins. Malgré ces contrôles, des erreurs de facturation persistent, estimées à plusieurs centaines de millions.
Pour Christian Lohr, un système de facturation standardisé dans le secteur de la santé permettrait aussi aux assureurs de mieux repérer les erreurs ou les fraudes intentionnelles. «C'est le système dans son ensemble qui en bénéficierait, puisque toute la chaîne de valeur des soins de santé en profiterait», écrit l'élu thurgovien dans sa proposition.