En bref
- Le Conseil fédéral a adopté un rapport le 5 juin pour améliorer le diagnostic et le traitement de l'endométriose, une maladie qui touche 1 femme sur 10. Souvent méconnue, elle provoque douleurs chroniques et peut affecter la fertilité.
- L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) étudiera les données sur la prise en charge des patientes, tandis que la recherche sur les maladies féminines sera renforcée. Les professionnels de santé sont incités à améliorer diagnostics et traitements.
- Le Conseil fédéral souligne l'impact sociétal de l'endométriose et les lacunes du système de santé suisse dans ce domaine. En France, un sondage révèle qu'une personne sur deux ignore l'existence de cette maladie.
L'endométriose touche une femme en âge de procréer sur dix, soit 190'000 femmes en Suisse et 190 millions dans le monde. Caractérisée par d'importantes douleurs souvent limitantes, une fatigue accablante, des désagréments digestifs et un arsenal de conséquences psychologiques, cette maladie utérine provoque une implantation anormale de la muqueuse utérine (endomètre) en-dehors de la cavité utérine. Résultat: des «foyers d'endométriose» peuvent se former sur les organes du petit bassin (ovaires, vessie, intestin...) et susciter des douleurs parfois insoutenables au moment des menstruations.
Or, cette maladie chronique, encore méconnue, s'avère difficile à diagnostiquer, vouant les femmes concernées à de longues errances médicales. Et une fois détectée, après des années de questionnements et de souffrance, elle ne peut pas être réellement guérie: «Il n'existe actuellement pas de remède contre l'endométriose et tout traitement vise généralement à soulager les symptômes», précise l'OMS. Une fois le diagnostic posé, les spécialistes peuvent également ôter les foyers d'endométriose devenus trop importants, au moyen d'une laparoscopie, et aider leurs patientes à tomber enceintes si elles le souhaitent. Car l'endométriose peut, dans certains cas, impacter la fertilité.
L'OFSP est chargé d'analyser la situation
Mais il est temps que cela change, estime la Confédération. Dans un rapport adopté le 5 juin, en exécution d'un postulat, le Conseil fédéral a acquiescé l'importance d'améliorer les moyens de détection et le traitement de cette maladie. Le texte souligne par ailleurs, de manière plus générale, qu'il est nécessaire d'affiner la recherche entourant les maladies féminines, souvent reléguée au second plan ou souffrant d'un retard hérité d'époques révolues.
«Le Conseil fédéral reconnaît la charge considérable que représente l’endométriose aux niveaux individuel et sociétal, précise un communiqué. Dans le même temps, il affirme que les défis liés au diagnostic et au traitement de cette maladie illustrent les déficits structurels du système de santé suisse en ce qui concerne les maladies spécifiques aux femmes.»
Ces dernières seront désormais incluses dans les objectifs stratégiques de la Commission fédérale pour la qualité, tandis que l'OFSP est chargé d'étudier les données existantes sur la prise en charge des personnes atteintes d'endométriose.
Renforcer la sensibilité et la recherche
Cela dit, le Conseil fédéral estime que la responsabilité d'assurer un diagnostic et un traitement appropriés incombe en premier lieu aux professionnels de la santé et aux établissements de santé. Médecins, associations, établissements de recherche et de formation sont donc encouragés à «continuer à s’engager en faveur d’une amélioration de la recherche, de soins coordonnés et de tarifs adaptés.»
Le communiqué souligne également l'importance de la sensibilisation à cette maladie, afin de réduire l'errance médicale des patientes et réduire le tabou qui pèse toujours sur l'endométriose. Car, loin d'être rare, elle reste toujours mal comprise et peu abordée. Selon des sondages français, une personne sur deux ignore toujours que cette maladie existe.