Sur demande d'un senior
L'IA de Musk dérape, KKS porte plainte après des insultes sexistes

Karin Keller-Sutter porte plainte après des insultes sexistes générées par l’IA Grok et diffusées sur X. Un cas inédit qui pourrait faire jurisprudence sur la responsabilité des contenus liés à l’intelligence artificielle.
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Karin Keller-Sutter a porté plainte contre X, après des insultes sexistes de Grok.
Photo: keystone-sda.ch
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Solène MonneyJournaliste Blick

La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a déposé une plainte pénale après avoir été visée par des insultes sexistes générées par le chatbot Grok, diffusées sur la plateforme X, relève «24 heures». Le 10 mars, un utilisateur de 75 ans a explicitement demandé à l’IA de «clasher» la ministre et «d’y aller à fond, avec un argot de rue de merde». Le chatbot s’est exécuté, produisant des messages misogynes ensuite visibles et relayés en ligne.

Informée le lendemain, Karin Keller-Sutter a réagi en déposant plainte pour diffamation et injures. Pour son entourage, il ne s’agit pas d’un débat politique, mais d’attaques visant une femme, qui doivent être combattues fermement. 

«Il faut s’opposer systématiquement à ce genre de propos misogynes et rappeler les auteurs à l’ordre», a précisé le porte-parole de la conseillère fédérale. L'utilisateur a quant à lui rétropédalé et supprimé la conversation le 12 mars. Mais c'était déjà trop tard.

Une première en Suisse?

Mais alors, qui est responsable de tels contenus? L’utilisateur à l’origine du prompt, l’exploitant du chatbot ou la plateforme qui les héberge? Selon une spécialiste du droit pénal, l’IA est considérée comme un outil, ce qui pourrait engager la responsabilité de l’auteur de la demande.

La plainte vise aussi à déterminer si X pourrait être sanctionnée. En Suisse, une entreprise peut être condamnée si elle n’empêche pas des contenus illicites. Ce cas pourrait faire jurisprudence et marquer un tournant dans la régulation des dérives liées à l’intelligence artificielle.

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