Pour beaucoup, l’alcool fait tout simplement partie d’une sortie à ski. Un café avec de l’eau-de-vie pendant une pause au refuge. Une bière ou deux, une bouteille de vin rouge au déjeuner. Un vin chaud ou un grog avant la dernière descente vers la vallée.
De retour sur la piste, on dévale la descente à 60 km/h, dépassant les débutants et les experts. L’alcool peut alors altérer notre perception, notre temps de réaction, notre équilibre et notre jugement. Face à un obstacle imprévu, tous ces facteurs peuvent influencer un freinage d’urgence, avec des conséquences parfois fatales.
Cette situation n’amuse pas du tout Marc Jost. Le conseiller national bernois, membre du Parti évangélique suisse (PEV), se réfère au Bureau de prévention des accidents. Plus de 60’000 personnes se blessent chaque année en Suisse dans les sports de neige. La plupart de ces accidents impliquent une seule personne qui a souvent surestimé ses capacités ou se déplaçait à une vitesse excessive.
Des amendes salées
Marc Jost estime les coûts économiques de ces accidents à 600 millions de francs suisses par an, soulevant la question de mesures préventives supplémentaires. En tant que membre de la Croix-Bleue, il propose même d’instaurer une limite d’alcoolémie sur les pistes de ski suisses.
L’Italie est le seul pays alpin à fixer une limite d’alcoolémie de 0,5 sur les pistes de ski depuis 2022. Les infractions sont passibles d’amendes de 250 à 1000 euros et d’un retrait du forfait de ski. Un taux d’alcoolémie de 0,8 ou plus est considéré comme une infraction pénale.
Bien sûr, tout le monde n’est pas obligé de se soumettre à un test d’alcoolémie avant de se rendre sur les pistes. Des contrôles généralisés seraient difficilement réalisables. Mais les carabiniers à ski peuvent ordonner des alcootests en cas d’anomalie. L’année dernière, les autorités ont réalisé près de 2000 contrôles rien que dans le Trentin, au nord de l’Italie, et une trentaine de personnes ont reçu une amende.
Un accident peut vous coûter cher
Mais si vous dévalez une pente en état d’ivresse en Suisse, vous ne craignez rien. Même s’il existe des règles de conduite et que les autorités s’en remettent à la responsabilité individuelle, il n’existe pas de réglementation claire.
Le conseiller national PEV Marc Jost interroge le Conseil fédéral sur la nécessité de mesures de prévention supplémentaires ou réglementaires sur les pistes de ski. Il veut savoir si le gouvernement a déjà connaissance des expériences faites dans certains pays avec des limites d’alcoolémie sur les pistes de ski et de leurs effets sur la prévention, le nombre d’accidents ou leur application.
Même s’il n’existe aucune limite légale d’alcoolémie sur les pistes de ski suisses, un accident sous l’emprise de l’alcool peut vous coûter cher. Un tel accident est considéré comme une une négligence grave, ce qui peut entraîner une réduction significative des indemnisations d’assurance.
A partir d’un taux d’alcool de 0,8 g/L, les indemnités journalières peuvent être réduites, voire supprimées dans des cas extrêmes. Les assureurs responsabilité civile peuvent également obtenir un remboursement auprès de la personne responsable.