Equipement, forfait et hébergement: les vacances au ski coûtent déjà cher. Il serait donc d'autant plus frustrant de payer une amende pour mauvais comportement ou de voir son assurance réduire ses prestations. Pour vous éviter des dépenses inutiles, voici cinq situations délicates à bien connaître.
Un accident sans casque peut avoir des conséquences
En Suisse, le port du casque est recommandé pour les sports d'hiver, mais il n'est pas obligatoire. Ainsi, l'assurance-accidents ne peut pas réduire automatiquement ses prestations en cas d'accident sans casque. «Chaque cas est examiné individuellement», précise l'assureur Martin Lorenzon.
En revanche, si l'assurance estime que la personne s'est exposée à un danger excessif sans prendre de précautions raisonnables, il peut diminuer certaines prestations. Cela peut arriver, par exemple, si quelqu'un quitte une piste balisée malgré un risque d'avalanche ou skie sur un terrain rocailleux sans casque. Les frais de sauvetage, de traitement médical et de transport restent toujours couverts par l'assurance-accidents obligatoire.
Nota bene: depuis le 1er novembre 2025, le port du casque est obligatoire sur toutes les pistes en Italie, qu'il s'agisse de ski, de snowboard ou de luge. Si l'on est arrêté sans, on paie jusqu'à 150 euros. En Autriche, l'obligation ne s'applique qu'aux enfants.
Des vacances de ski à l'étranger? Vérifiez votre couverture
Les personnes qui partent skier dans des pays voisins comme l'Autriche et qui ont un accident peuvent se retrouver confrontées à des dépenses considérables. «Nous avons eu des cas ponctuels où une personne s'est cassé la jambe et a été admise d'office dans un hôpital privé», explique Martin Lorenzon. Comme une grande partie de ces frais n'était pas couverte par l'assurance-accidents obligatoire, la famille concernée a dû débourser plusieurs milliers de francs.
L'expert conseille donc de vérifier si l'assurance-accidents ou l'assurance maladie incluent une couverture complémentaire pour les frais d'hospitalisation dans des hôpitaux privés à l'étranger avant de réserver des vacances au ski dans les pays voisins. Les assurances voyage proposent également ce type de couverture. Sans cette protection, des vacances à l'étranger qui semblaient peu coûteuses peuvent rapidement devenir très chères en cas d'accident.
Forfait perdu pour excès d'alcool
En Suisse, il n'y a pas de limite légale d'alcoolémie pour les skieurs et snowboarders. Mais en cas d'ivresse manifeste, des sanctions sont possibles. Berno Stoffel, directeur des Remontées mécaniques suisses, précise que le personnel peut retirer le forfait de toute personne fortement alcoolisée, qu'il soit journalier, hebdomadaire ou saisonnier.
Skier sous l'emprise de l'alcool peut aussi être considéré comme une négligence grave. L'assurance-accidents peut alors réduire certaines prestations, notamment les indemnités journalières. A l'étranger, les règles peuvent être plus strictes. En Italie toujours, l'alcool est interdit sur les pistes: une amende pouvant aller jusqu'à 1000 euros est prévue dès 0,5 g/L, et 0,8 g/L constitue une infraction pénale.
Des amendes pour avoir dérangé des animaux
En Suisse, il est par interdit de traverser les zones de tranquillité ou de protection de la faune, qui servent de refuge aux animaux sauvages. Les contrevenants surpris sur le fait risquent une amende d'environ 150 francs, mais celle-ci peut être plus élevée si l'affaire est portée devant un tribunal.
En 2021, au domaine de Flumserberg (SG), cinq skieurs ayant franchi une zone protégée ont été condamnés à 500 francs chacun, pour violation de la loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages. Chaque hiver, l'Office fédéral de l'environnement met à jour une carte indiquant toutes les zones de tranquillité et de protection de la faune en Suisse.
Méfiance pour le hors-piste
Nicolas Duc, président de la Commission suisse de prévention des accidents de sports de neige, l'affirme: «Le ski hors-piste est légal en Suisse.» Mais certaines règles et précautions sont indispensables.
Pour le hors-piste, l'équipement de base comprend un détecteur de victimes d'avalanches (DVA), une pelle, une sonde et un téléphone. Il est aussi conseillé de consulter le degré de danger pour les avalanches et de vérifier la sécurité de l'itinéraire auprès des secours locaux.
«Le plus important, c'est la formation», souligne-t-il. Des stages permettent d'apprendre à skier hors des pistes en toute sécurité. En cas d'accident, une assurance peut réduire ses prestations si elle estime que le skieur était mal préparé ou a fait preuve de négligence grave.