Selon un sondage de la population
Les Suisses réclame davantage de souveraineté numérique de l'Etat

L'institut de recherche gfs.bern a publié lundi un sondage sur la numérisation. Celle-ci est globalement bien perçue en Suisse, mais suscite des attentes accrues en matière de souveraineté et de régulation.
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Selon le sondage, seule une personne sur cinq a une opinion positive des sociétés comme Google, Meta ou Apple.
Photo: keystone-sda.ch

Une majorité de la population suisse voit la numérisation d'un oeil favorable. Elle réclame toutefois la souveraineté numérique, une réglementation plus stricte des géants de la tech et un rôle plus actif de l'Etat, selon un sondage publié lundi par l'institut de recherche gfs.bern à la demande de la Fondation Mercator Suisse.

Si une majorité de la population voit d'un oeil favorable la numérisation à des fins personnelles, le scepticisme prévaut toutefois lorsqu'on considère la société dans son ensemble, indique la Fondation Mercator Suisse. Selon ce sondage représentatif, 58% des personnes interrogées en tirent des avantages personnels. Seuls 48% s'attendent toutefois à ce que la société, dans son ensemble, en bénéficie.

Aspiration à la souveraineté numérique

L'un des principaux résultats de l'enquête est la revendication d'une souveraineté numérique. Près de quatre personnes interrogées sur cinq se sont prononcées en faveur de la mise en place d'infrastructures numériques propres, même si cela implique des coûts plus élevés et davantage d'efforts.

Plus de 80% des personnes interrogées estiment que la dépendance vis-à-vis des groupes technologiques internationaux est trop importante. La souveraineté numérique signifie, non pas le repli sur soi, mais la capacité de l’État à façonner de manière autonome des domaines numériques importants.

Seule une personne sur cinq a une opinion positive des sociétés comme Google, Meta ou Apple. Nonante pourcents des personnes interrogées considèrent ces groupes comme purement axés sur le profit. De plus, 84% estiment que les pays d'origine de ces entreprises exercent une influence politique trop forte.

Quasiment 80% des personnes interrogées estiment également que les plateformes de réseaux sociaux ont trop d'influence sur la formation de l'opinion publique.

La responsabilité de l'Etat

La population estime que l'État a une responsabilité dans l'organisation de la numérisation. Elle lui attribue non seulement un rôle de régulateur, mais aussi une capacité d'innovation.

Seule une minorité de 42% fait davantage confiance aux grandes entreprises technologiques qu’à l’État pour développer des produits innovants. Ce souhait d’un État acteur et d’une réglementation accrue est également partagé par des personnes qui, par ailleurs, se montrent insatisfaites de l’état actuel de la numérisation.

Les résultats de l'enquête en ligne s'appuient sur les réponses de 1018 personnes interrogées entre le 1er et le 12 décembre 2025, issues de la population résidante suisse âgée de 16 ans et plus.

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