La Suisse est tributaire des médecins formés à l'étranger. Plus de quatre médecins sur dix en exercice en 2025 ont obtenu leurs diplômes hors des frontières, selon la dernière statistique médicale de la Fédération suisse des médecins (FMH), publiée mercredi.
Au total, 44'612 médecins exerçaient en Suisse en 2025, soit une hausse de 5% en un an, indique la FMH dans un communiqué. Cette augmentation ne suffit toutefois pas face au vieillissement de la population et du corps médical: un quart des praticiens ont 60 ans ou plus, avertit la FMH.
Le système de santé reste «structurellement tributaire des médecins diplômés à l'étranger». Leur part est en croissance et atteignait 43% en 2025. En 2025, plus de la moitié (52%) des 1132 nouveaux titres de spécialiste fédéraux ont été délivrés à des titulaires d'un diplôme de médecin étranger. A quoi s'ajoutent les 1533 titres de spécialistes étrangers reconnus la même année.
En tout, quelque 75% des médecins qui sont entrés dans le système de santé l'année dernière sont titulaires d’un diplôme obtenu à l’étranger, «une statistique qui n'a cessé d'augmenter ces dernières années», précise la FMH à Keystone-ATS. La plupart ont fait leurs études en Allemagne, Italie, France ou Autriche.
Meilleures conditions de travail nécessaires
Toutes disciplines confondues, la densité médicale s'établit à 4,2 équivalents plein temps pour 1000 habitants, un chiffre comparable aux pays voisins. La situation est en revanche beaucoup plus tendue dans la médecine de premier recours (0,9 EPT pour 1000 habitants). Un tiers des cabinets de médecine de famille n'acceptent plus de nouveaux patients, rappelle la FMH.
Pour faire face à ces défis, la faîtière demande plusieurs mesures, notamment une augmentation des places d'études en médecine humaine et des postes de formation postgraduée en cabinet. La FMH plaide également pour de meilleures conditions de travail, qui passent par un allègement de la charge administrative et des modèles de temps de travail plus équilibrés.
En moyenne, les médecins travaillent environ 43 heures par semaine. Cela est considéré dans la profession comme du «temps partiel» alors que les jeunes générations demandent des conditions de travail calquées sur les normes nationales, explique le vice-président de la FMH Christoph Bosshard, dans le dernier numéro du Bulletin des médecins. Et de rappeler que le temps de travail hebdomadaire moyen en Suisse était de 31 heures en 2024, selon l'Office fédéral de la statistique.