Viols dans les girons
Les jeunesses vaudoises démentent la «loi du silence» autour des agressions sexuelles

En début de semaine, «24 Heures» révélait un climat de sexisme ordinaire, au sein des girons vaudois, avec plusieurs cas d'agressions sexuelles et de viols. La Fédération vaudoise des jeunesses campagnardes (FVJC) dément l'omerta qu'évoquait le quotidien.
Accusée de fermer les yeux sur un climat de sexisme ordinaire et plusieurs cas d'agressions sexuelles, la FVJC s'est défendue.
Photo: Keystone
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Pour «la grande famille» que constituent les jeunesses campagnardes, l'enquête de «24 Heures» paru le 18 mai a fait l'effet d'une bombe. Le quotidien y révélait qu'un lourd climat de sexisme ordinaire pèse sur les girons vaudois, d'immenses événements sportifs et festifs, alors que la police y a recensé 19 cas d'infractions sexuelles, entre 2016 et 2025. Quatre d'entre elles concernaient des viols, tandis que sept autres relevaient d'actes d'ordre sexuel sur des mineurs. 

En réaction, le comité de la Fédération vaudoise des Jeunesses campagnardes (FVJC) s'est réuni en urgence, le 19 mai. «Votre parole compte et nous vous croyons, a souligné Daniel Turin, président du comité, dans un communiqué diffusé ce jeudi. Ce que vous avez vécu est grave. Ces situations intolérables ne doivent jamais être minimisées, banalisées ou passées sous silence.» La FVJC précise d'emblée qu'elle «condamne fermement toute forme d’agression sexuelle, de violence, de sexisme, de harcèlement ou de comportement discriminatoire», tandis que les victimes doivent pouvoir être accompagnées et écoutées. 

Or, selon les témoins s'étant confiés à nos confrères, le vécu des personnes concernées aurait été largement passé sous silence, tandis que leur souffrance n'aurait trouvé que des oreilles muettes et des yeux fermés. 

«La marge de progression est réelle»

Et c'est justement ce point que réfute le FVJC, dans son communiqué. Loin de nier la gravité des cas ou l'existence de ces infractions, elle dément surtout l'«omerta» dont parle le «24 Heures», contestant «l’idée qu’il existerait, au sein de la Fédération, une loi du silence organisée, une complicité active ou une volonté de dissimulation.» 

Si la FVJC admet que la marge de progression est «encore réelle», elle insiste sur le déploiement de plusieurs mesures anti-harcèlement, telles que l'ouverture d'un groupe de travail axé sur la prévention, la présence d'affiches, la création d'un jeu de cates encourageant le dialogue ou encore le dispositif «Angela», le nom de code que toute personne en danger peut donner au bar, pour recevoir de l'aide. 

Ce même groupe de travail «Intégration-prévention» a par ailleurs choisi d'avancer sa prochaine réunion, afin d'analyser la situation et d'«examiner les mesures concrètes qui pourraient être renforcées ou mises en place», conclut le communiqué. 

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