«Il m'a coincée dans les toilettes»
Des agressions sexuelles sont dénoncées dans les girons vaudois

Une enquête réalisée par «24 Heures» révèle un climat de sexisme orginaire au sein de la Fédération vaudoise des jeunesses campagnardes. Plusieurs cas d'agressions sexuelles survenues lors de girons ont été dénoncés.
Ainsi que le souligne «24 Heures», 19 infractions sexuelles ont été recensées au sein des girons vaudois, entre 2016 et 2025, dont 4 concernent des viols.
Photo: Keystone
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Les girons, ces immenses rassemblements festifs et sportifs organisés par les jeunesses campagnardes vaudoises (FVJC), continuent d'attirer des foules impressionnantes. Du 20 au 24 mai, le Rallye FVJC de Prévonloup attendra notamment plus de 20'000 personnes en 5 jours, tandis que la Cantonale de Givrins, déployée sur deux semaines, s'était attiré le nombre record de 120’000 jeunes, en 2024. 

Or, ce succès fulgurant semble cacher une réalité bien sombre, révèle «24 Heures». Selon les témoignages anonymes reccueillis par nos confrères, la FVJC déplore un sexisme ordinaire flagrant, avec 19 infractions sexuelles recensées par la Police cantonale vaudoise, entre 2016 et 2025. Parmi celles-ci, 4 concernent des viols, tandis que 7 relèvent d'actes d'ordre sexuel sur des mineurs. Le nombre pourrait toutefois s'avérer encore plus élevé, selon la police. 

En effet, les différents récits font état d'attouchements, de remarques sexistes ou de situations de peur, décrites par certaines participantes: «Un homme m’a déjà coincée dans les toilettes d’un giron avec l’intention d’abuser de moi, raconte notamment une jeune femme de 27 ans. J’ai réussi à m’échapper in extremis.»

Affiches de prévention et Angela

A noter que la Fédération compte 4000 membres, dont une majorité d'hommes (61%). En réaction à ces dénonciations, des affiches de prévention se sont invitées sur les lieux de fête, précise «24 Heures». Les participants ont également été sensibilisés au fameux nom de code «Angela», une personne fictive qu'on peut demander au bar pour recevoir une aide immédiate. La même stratégie est d'ailleurs utilisée dans d'autres rassemblements culturels, dont le festival nyonnais Paléo. 

D'après les témoins s'étant adressés à nos confrères, l'impression générale est toutefois que les victimes ne sont pas écoutées, tandis que leurs vécus sont largement ignorés. 

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