«Les réseaux sociaux laissent passer n'importe quoi»
Pierre-Yves Maillard au coeur d'une nouvelle escroquerie en ligne

Une vidéo truquée impliquant Pierre-Yves Maillard et Sergio Ermotti circule en ligne. Les polices genevoise et vaudoise appellent à la prudence face aux escroqueries numériques exploitant des deepfakes et des faux articles.
Pierre-Yves Maillard alerte contre une escroquerie qui le cible.
Photo: Philippe Rossier
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Olalla Piñeiro TrigoJournaliste Blick

Après Karin Keller-Sutter, Albert Rösti ou Sibel Arslan, c'est au tour de Pierre-Yves Maillard d'être, malgré lui, au coeur d'une nouvelle arnaque en ligne. Le président de l'Union syndicale suisse (USS) dénonce dans une story Instagram une fausse vidéo qui circule sur les réseaux sociaux. Le titre est racoleur: le socialiste se serait vivement clashé avec le directeur général d'UBS, Sergio Ermotti. 

«Ne vous faites pas avoir. C'est une escroquerie», alerte l'élu socialiste. «Les réseaux sociaux laissent passer n'importe quoi.» Ce n'est pas la première fois que son identité est usurpée. L'élu avait été victime d'un deepfake l'automne passé. Une personne s'était fait duper, se faisant dérober 250 francs. 

Se méfier des offres alléchantes

Contactées par Blick, les polices vaudoises et genevoises détectent là un cas classique de fraude à l'investissement. Les escrocs agissent généralement selon un mode opératoire précis: elles diffusent des faux articles ou publicités incitatives – dans ce cas, une vidéo – afin de soutirer de l'argent. Le but est de pousser les victimes à cliquer sur le lien, afin de les piéger en les renvoyant sur un faux site et les inciter à investir ou verser de l'argent pour une cause précise. Des personnes se font avoir grâce à la reprise de codes visuels de médias connus. 

E-cop François, célèbre policier actif sur les réseaux sociaux, a relayé la story de Pierre-Yves Maillard. Cet expert en prévention donne un conseil simple, mais essentiel, pour éviter de tomber dans le panneau: «Des gens qui veulent vous faire gagner de l’argent sur Internet, ça n’existe pas.» La police vaudoise appelle à la méfiance face aux propositions «alléchantes». 

De son côté, la police genevoise met en garde contre plusieurs indices qui devraient mettre la puce à l'oreille: des titre qui jouent sur le sensationnalisme, une promesse de gain rapide ou exceptionnel, des liens qui ne correspondent pas au site officiel du média supposé publier l’information, une mise en page arbitraire. Il est aussi recommandé de croiser les sources pour assurer l'authenticité de l'information. 

Dans le cas de l'arnaque qui cible Pierre-Yves Maillard, on constate que le lien de l'article ne renvoie pas à la RTS mais est hautement suspect – «peakstartdump.top». Une rapide recherche sur Google montre que le site est dénoncé comme un repère à spam. 

Phénomène dur à quantifier

Ce phénomène d'escroquerie ne vise pas uniquement des personnalités politiques, mais aussi des chefs d’entreprise, des journalistes, des figures médiatiques ou toute personne connue, précise la police cantonale genevoise. «L’objectif des auteurs est d’exploiter cette notoriété pour donner une apparence de sérieux à une escroquerie.»

Si les deepfakes se multiplient, tant la police genevoise que vaudoise ne disposent pas de chiffres précis. Elles expliquent que l'ampleur du phénomène est «difficile à quantifier». Les auteurs de ces arnaques s'exposent néanmoins à des poursuites pénales, notamment en lien avec l'escroquerie, l'usurpation d'identité, la falsification de contenus ou l'utilisation abusive de données. En cas d'arnaque, il est recommandé de rapidement porter plainte.

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