Crise au Centre Vaud
Giancarlo Sergi: «Je n'ai pas envie de l'exclure, il a l'âge de mon fils»

Giancarlo Sergi, élu il y a trois semaines à la présidence du Centre Vaud, recommandera le 25 juin de ne pas exclure le président des Jeunes, Jean-Robert Terrier.
Giancarlo Sergi travaille à des solutions pour la suite avec Valérie Dittli, et refuse d'exclure le jeune Jean-Robert Terrier.
Photo: KEYSTONE
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Myret ZakiJournaliste Blick

Elu président du Centre Vaud le 19 mai, Giancarlo Sergi reprend le flambeau au moment où le parti doit se déterminer sur l'avenir de sa collaboration avec la ministre décriée Valérie Dittli avant les élections cantonales et fédérales de 2027. Mais aussi alors que, dans l'immédiat, une procédure d'exclusion vise le président des Jeunes du Centre Vaud, Jean-Robert Terrier, pour avoir critiqué la conseillère d'Etat et reproché au Centre Vaud de lui avoir renouvelé sa confiance. 

Ancien président de Swiss Basketball pendant dix ans, Giancarlo Sergi apporte au Centre Vaud un regard neuf et rassembleur. Homme de solutions constructives, le Sicilien d'origine, qui a par ailleurs dirigé le Béjart Ballet Lausanne, veut mettre à profit sa solide expérience de gouvernance pour remettre le parti en selle. Il répond aux questions de Blick.

Vous êtes le 5e président du Centre Vaud en trois ans. Cette instabilité coïncide-t-elle avec les deux ans de l’affaire Dittli?
Je ne dirais pas ça. Notre avant-dernier président, M. Petrusio, avait eu un souci de santé, puis Michele Mossi a dû quitter la présidence car il a pris une fonction au sein d'Innovaud. Depuis que je suis à la présidence, c'est-à-dire trois semaines, j'ai assisté à une seule assemblée du Centre Vaud, celle du 19 mai, qui s'est bien passée. Il est dommage que nous n'ayons pas invité la presse. La prochaine fois nous le ferons. 

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Je vais dire au comité cantonal, très clairement, que je suis contre une exclusion de Jean-Robert Terrier
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Mais il y a eu la demande d'exclusion de Jean-Robert Terrier, qui suscite la controverse...
En effet, une motion a été proposée pour ouvrir une procédure d'exclusion contre le président des Jeunes du Centre Vaud quelques minutes après que j'aie été élu. Une décision sera prise par le comité cantonal à l'assemblée du 25 juin. Nous allons l'entendre ce jeudi 11 juin en petit comité. 

Que pensez-vous de cette procédure d'exclusion à l'encontre du président des Jeunes?
Il y a la procédure, et il y a ce que j'en pense. Je suis personnellement très opposé à cette procédure d'exclusion. Je n'ai pas du tout envie de l'exclure, il a l'âge de mon fils. C'est un jeune, il aurait peut-être dû faire preuve d'un peu plus de retenue, mais ce n'est pas du tout un acte assez important pour l'exclure. Il doit pouvoir parler librement. Je pense que la liberté d'expression, qui fait partie de mon programme, est essentielle. Ce que je vais donc dire au comité cantonal, très clairement, c'est que je suis contre une exclusion, et ce sera ma recommandation. 

Pour vous, il n'a donc rien fait de mal en disant qu'il avait «honte d'appartenir au Centre» après que le parti ait renouvelé sa confiance en Valérie Dittli?
On a fait tout un plat de ses prises de parole, mais finalement, il a le droit d'avoir une opinion, et ses propos ne peuvent être considérés diffamatoires au plan juridique. 

Les membres du comité de présidence le pensent-ils aussi?
Oui, nous sommes tous du même avis, et en avons beaucoup discuté. Honnêtement, je me serais bien passé de cette procédure car nous sommes en pleine réorganisation et restructuration du Centre Vaud. 

En quoi cette réorganisation consiste-t-elle?
J'aimerais que l'on puisse se tourner vers l'avenir et préparer au mieux le parti pour les échéances à venir. Nous avons déjà agrandi le comité de présidence. Nous sommes aussi en train de réviser les statuts, car il faut que l'on travaille mieux. Par ailleurs, nous n'avons aucun député au Grand Conseil et devons réfléchir comment augmenter notre nombre de députés par district.

Que pensez-vous de l'élection d'un nouveau président par interim chez les Jeunes du Centre Vaud pour pousser Jean-Robert Terrier à la démission?
C'est une section indépendante. Ils ne nous ont pas consultés au préalable, et n'avaient pas à le faire. J'ai reçu le communiqué en même temps que les autres. Ce qui est arrivé chez les jeunes les regarde. Nous allons certainement tenter d'éclaircir la situation et chercher à les rassembler, mais ils sont indépendants. Et je dois déjà m'occuper de la restructuration au parti cantonal. L'affaire Terrier va se résoudre prochainement, je suis très positif à ce sujet.

La présidence du Centre Vaud a-t-elle agi comme une sorte de garde rapprochée de Valérie Dittli, comme il se murmure souvent?
Pas du tout. Arrivé depuis quelques semaines, je compte apporter un regard très neutre et constructif. Je suis très indépendant, car je ne suis en politique que depuis une année. Je l'ai dit depuis le départ et publiquement: ce qui m'intéresse, c'est le développement du parti. J'ai toujours mis en avant l'association et la communauté, avec l'objectif de grandir, d'aller recruter des membres. Nous avons fait de bonnes élections communales, et il s'agit de continuer à persévérer sur le plan cantonal et fédéral.

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Je n'ai rien contre Valérie Dittli, il est important qu'on travaille tous ensemble
Giancarlo Sergi, président du Centre Vaud
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Le Centre Vaud soutient Valérie Dittli contre l'avis du Grand conseil et des autres partis. D’aucuns jugent que cela a trait à son influence sur le parti. Qu'en pensez-vous?
J'étais présent, comme membre du Centre Vaud, le 30 avril lorsqu'on a renouvelé le soutien à Valérie Dittli. Elle a fait énormément de travail pour le parti. Il y a donc ce respect interne qui existe et qui fait qu'avec Isabelle Chappuis, elles sont considérées comme les deux fers de lance du parti. Alors certes, il y a les affaires que l'on connaît. Aujourd'hui on discute. Je n'ai rien contre Valérie Dittli, il est important qu'on travaille tous ensemble. L'année prochaine, nous avons des échéances très importantes au niveau cantonal, fédéral, ainsi que la députation. On a tous intérêt à prendre des décisions transparentes et constructives. 

Quelles sont les discussions actuelles?
On discute de stratégies d'alliances. Je vais rencontrer énormément de monde. D'ici la fin de l'été, nous devrons avoir défini la stratégie et le plan d'action. Et au final, ce sera l'assemblée générale qui décidera. J'ai confiance dans le comité de présidence, qui est très professionnel, les nouveaux membres sont très compétents. A noter que nous sommes tous bénévoles, c'est important de le rappeler. Le comité de présidence fera un travail impartial pour le comité cantonal et pour l'assemblée, à laquelle reviendra la décision.

Est-il envisageable d'aller à l'encontre des vélléités de l'Alliance vaudoise, dont font partie le PLR et l'UDC?
Je n'ai pas encore rencontré les membres de l'Alliance vaudoise personnellement, donc ne je peux rien dire à ce stade. Je vais les rencontrer prochainement.

Serait-il envisageable que Valérie Dittli se représente au Conseil d'Etat, voire se porte candidate au Conseil national?
Tout est sur la table. Comme indiqué, on va définir une stratégie, un plan d'action, et c'est l'assemblée qui décidera, ce n'est pas moi. Le but est que tout le monde soit derrière la stratégie qui sera retenue. Je vais arriver avec plusieurs scénarios possibles, en regardant ce qui se passe au sein des autres partis. Et ensuite on y adhère, ou on n'y adhère pas. 

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