Cruauté dans une porcherie vaudoise
«Frapper un animal sans aucune raison est une preuve de barbarie», s'insurge Alberto Mocchi

Ce lundi, l'Observatoire du spécisme accusait une exploitation porcine vaudoise de violences graves envers ses truies et porcelets. Face à des images insoutenables, l'élu Vert Alberto Mocchi a dénoncé des actes de barbarie dans une question orale au Conseil d'Etat.
Le 1er juin, l'Observatoire du spécisme avait publié une enquête choc, accusant une maternité porcine vaudoise de violences graves.
Photo: DR

En bref

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  • Le lundi 1er juin, une vidéo choc de l'Observatoire du spécisme a dévoilé des scènes de maltraitance animale dans une maternité porcine vaudoise. Ces images montrent des truies frappées et des porcelets mutilés, suscitant l'indignation, notamment du député Alberto Mocchi (Les Vert-e-s/VD).
  • Mocchi a dénoncé ces actes de barbarie devant le Grand Conseil vaudois le 2 juin et interpellera le Conseil d'État le 9 juin. L'Observatoire du spécisme, de son côté, a saisi la justice et lancé une pétition pour fermer l'établissement.
  • La vidéo a atteint près de 22'000 vues sur Instagram en trois jours. L'entreprise Annen avait déjà été impliquée dans des scandales similaires entre 2016 et 2017, entraînant des poursuites et des réorganisations.
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

A l'instar de centaines d'internautes scandalisés, le député Albert Mocchi (Les Vert-e-s/VD) a été «particulièrement choqué» face aux images révélées par l'Observatoire du spécisme, ce lundi 1er juin. Tournées dans une maternité porcine vaudoise appartenant à l'entreprise Annen, les vidéos dévoilent des scènes de violence insoutenables. On y découvre notamment des truies frappées à répétition, ainsi que de jeunes porcelets abattus ou mutilés, avec une cruauté indescriptible. La vidéo a rassemblé près de 22'000 vues sur Instagram, en l'espace de trois jours seulement. 

En réaction, Alberto Mocchi s'est empressé de rédiger une question orale, qui sera formellement posée au Conseil d'Etat le 9 juin. «Frapper un animal sans aucune raison, s’acharner sur des créatures sans défense est une preuve de barbarie qui devrait nous faire honte, a notamment déclaré le Vert, ce mardi 2 juin, lors de la séance plénière du Grand Conseil vaudois. Cela jette l’opprobre sur la très grande majorité des éleveurs qui effectuent convenablement leur travail, qui aiment et respectent leurs animaux et respectent les lois et règlements.» 

L'Observatoire du spécisme, de son côté, a déjà saisi la justice et lancé une pétition, afin d'exiger que l'établissement soit immédiatement fermé.

«Du sadisme plutôt que de la méconnaissance»

Pour rappel, l'entreprise Annen, composée d'une dizaine de sociétés distinctes, avait été lourdement accablée par des scandales similaires entre 2016 et 2017. Un enchaînement de contrôles étatiques et de poursuites avaient alors contraint Willy Annen, accusé de maltraitance animale, à se retirer du secteur. Plusieurs des sociétés, dont celle-ci, avaient toutefois pu rester ouvertes après des réorganisations ou des changements de propriétaires. 

Pour Alberto Mocchi, il s'agit désormais d'éviter que des faits similaires ne se reproduisent à l'avenir: «Il faut que les pouvoirs publics agissent concrètement et avec force, et prennent des mesures efficaces en matière de bientraitance animale», estime-t-il. 

Dans ce but, le Vert insiste notamment sur l'importance de renforcer la formation des personnes travaillant en contact avec les animaux de rente, afin de les sensibiliser aux mesures de bientraitance et d'éviter toute souffrance pouvant être causée par inadvertance. «Je ne suis pas certain, cependant, qu'une meilleure formation puisse venir à bout de certains comportements d'individus isolés, qui relèvent du sadisme plutôt que de la méconnaissance», note-t-il toutefois.

Une motion bientôt déposée?

Plusieurs députés issus de différents partis réfléchissent actuellement au dépôt d'une motion, afin d'encourager un réel changement dans le secteur. Car, pour Alberto Mocchi, celui-ci doit être conséquent: «Il faudrait agir au niveau fédéral et cantonal pour améliorer les conditions de détention de ces animaux, souligne-t-il. Un cochon peut aujourd'hui vivre sa courte vie sans voir la lumière du soleil, avec un mètre carré d'espace à disposition. Cela n'est plus acceptable.» 

Le Vert souhaite également voir une augmentation des contrôles, avec un renforcement des peines possibles en cas de maltraitance avérée. «Tout être vivant mérite un minimum de respect et de dignité, et toute souffrance inutile devrait lui être épargnée», conclut le député. 

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