En bref
- Yuna, une jeune shiba inu, a été volée dans le jardin de son propriétaire à Illarsaz (VS). Une mobilisation massive s'est créée sur les réseaux sociaux.
- Sous pression, ses ravisseurs l’ont finalement abandonnée en Haute-Savoie, où une association a pu l’identifier grâce à sa puce.
- Après trente heures d’angoisse, Yannick a retrouvé son chiot, qui s’est immédiatement jeté dans ses bras.
Yuna mâchouille tranquillement un tendon de bœuf sur les genoux de Yannick. Dans le jardin familial d’Illarsaz, en Valais, son propriétaire la gratouille derrière les oreilles. La petite shiba inu savoure l’attention, secoue ses petites oreilles et se blottit contre lui. Pourtant, quelques heures plus tôt, Yannick ignorait encore s’il la reverrait un jour.
Il avait adopté Yuna le lundi 13 juillet, après être allé la voir tous les deux jours depuis sa naissance. Vendredi matin, pour sa première journée de travail depuis son arrivée, il pensait déjà au moment où il la retrouverait. Mais à 10h30, l’éleveur l’appelle: «Ton chien s’est fait voler.»
Une caméra de surveillance repère le voleur
«Je me suis dit que c’était impossible. J’étais vraiment mal», se remémore le jeune homme. Son chef le laisse rentrer. Au poste de police, Yannick rejoint sa mère et découvre qu’une habitante a aperçu un homme à un arrêt de bus avec Yuna, avant qu’une voiture bleue aux plaques françaises ne les récupère.
Les caméras des voisins confirment bientôt l’impensable. Sur les images, un homme passe une première fois, puis revient avec un chien dans les bras. «On ne voit pas très bien, mais on voit les pattes.» Après son passage au poste, Yannick inspecte la clôture: le grillage a été soulevé. Quelqu’un est entré dans le jardin pour prendre Yuna. «Sans ça, je l’aurais cherchée toute la journée dans le village.»
De l'argent contre une information
Dès lors, il poste un avis de recherche sur Snapchat, Facebook et Instagram. Des milliers de personnes partagent, jusqu’au Portugal et en Espagne. Des témoins signalent une voiture bleue à Genève ou à Sierre. Certaines pistes sont trop vagues, d’autres complètement fausses. Des inconnus vont même jusqu’à réclamer 100 francs en échange d’une information. «Ce n’est pas humain de savoir où elle est et de ne rien dire», tonne Yannick, encore parcouru de frissons.
Pendant trente heures, il vit accroché à son téléphone. Il répond à presque tout le monde. Il pleure, doute et tente de se raccrocher à l’idée qu’il a tout fait pour Yuna depuis sa naissance et qu’elle finira par revenir. «Le soutien que j’ai eu est fantastique. Sans tous ces gens, je pense qu’on ne l’aurait jamais retrouvée.»
Des ravisseurs sous pression
Pour lui, cette mobilisation massive a probablement effrayé les ravisseurs. La photo de Yuna circule partout, la voiture bleue est recherchée et chaque déplacement risque d’être signalé. D’après les éléments qu’il peut raconter, l’homme aurait d’abord voulu déposer la chienne dans un refuge pour chiens. Celui-ci était fermé. Yuna finit alors auprès d’Aristo’Cats 74, une association française qui s’occupe habituellement de chats.
Samedi matin, Yannick est sorti. Lorsqu’il rentre chez lui, sa mère est en larmes. Elle se tourne vers lui. «On a retrouvé Yuna.»
Foncer en Haute-Savoie
Yannick n’ose pas encore y croire. Eprouvé par les faux témoignages et les tentatives d’arnaque, il craint même un guet-apens. Au téléphone, une membre d’Aristo’Cats 74 tente de le rassurer. Il demande à ce qu'elle regarde la queue de sa chienne, où se trouve une petite tache noire. «Mais Monsieur, j’ai regardé la puce, c’est Yuna», lui répond-elle, émue.
Avec son frère, Yannick prend les poissons séchés que Yuna adore, ses jouets et son harnais, puis roule une heure et demie vers la Haute-Savoie. Il est 23h lorsqu’ils arrivent dans un endroit isolé, plongé dans le noir et sans réseau. Impossible de joindre la dame qui a Yuna. Elle finit par apparaître, «par miracle», avec la petite chienne.
Retrouvailles exceptionnelles
Yannick l’appelle. Pendant une seconde, il redoute presque que Yuna ne reconnaisse pas sa voix. Une seule journée les a séparés, mais elle lui a paru interminable. La petite shiba le regarde, bondit et se jette dans ses bras.
A cet instant, l’angoisse accumulée pendant trente heures retombe d’un coup. Yannick serre enfin contre lui celle qu’il imaginait ne jamais revoir. Il ne trouve toujours pas les mots pour décrire ce mélange de soulagement, de joie et d’incrédulité. «C’était indescriptible», glisse-t-il en caressant son chiot.
L’enquête se poursuit, mais elle est désormais secondaire. Yannick veut surtout remercier tous ceux qui ont aidé et alerter les propriétaires: vérifier les clôtures, installer des caméras et partager les avis de recherche. Yuna, elle, a retrouvé son jardin, ses friandises et les genoux de son maître.