Une plainte pénale déposée
L'euthanasie de masse de 122 chiens indigne la Suisse

La Protection suisse des animaux dépose une plainte pénale après l’euthanasie de 122 chiens à Ramiswil. Le rapport d’enquête révèle des défaillances humaines et soulève des questions sur la responsabilité des autorités.
La PSA porte plainte après l'euthanasie de 122 chiens à Soleure. (image d'illustration)
Photo: KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS
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ATS Agence télégraphique suisse

Les autorités soleuroises n'ont pas pris suffisamment conscience des risques dans le cas grave de maltraitance d'animaux à Ramiswil (SO), révélé en novembre dernier, souligne un rapport externe. Le Service vétérinaire a trop misé sur les mesures administratives.

«Un cas comme celui de Ramiswil ne doit pas se reproduire», a concédé vendredi la ministre soleuroise de l'économie Sibylle Jeker (UDC) face aux médias réunis à Soleure. Selon le rapport d'enquête externe dont elle avait mandaté un bureau d'avocats, le Service vétérinaire cantonal a trop accordé de confiance à la propriétaire incriminée, priorisé excessivement l'administration et pas assez les dangers.

Les risques de la maltraitance ont particulièrement été sous-estimés par les autorités au sujet des spécificités de race des 122 chiens qui ont finalement été euthanasiés en raison de leur mauvais état de santé, observe le rapport externe. La détérioration de la situation dans l'exploitation de Ramiswil n'est, cependant, pas due à de mauvaises décisions ou à des failles au sein du Service vétérinaire.

Euthanasie générale critiquée

Ce dernier a agi de manière professionnelle, d'après le rapport. En outre, il a eu raison d'euthanasier 99 des 122 chiens saisis le 6 novembre sur l'exploitation. Ces bergers destinés à la protection de troupeaux n'étaient pas socialisés ni entretenus dans les règles de l'art, estime le responsable de l'enquête externe, Michael Daphinoff.

Les alternatives réalistes manquaient et ces chiens n'auraient pas pu être replacés ni sollicités comme protecteurs. Les risques liés à la protection animale et à la sécurité étaient trop importants, selon l'auteur du rapport.

En revanche, un tri suffisamment différencié a manqué pour décider du sort des 23 autres chiens saisis. Dans leur cas, il y avait peut-être des alternatives à l'euthanasie, sauf pour deux d'entre eux qui étaient trop malades, relève le rapport.

Les autorités ont aussi saisi 43 chevaux et deux chèvres. Parmi eux, 32 dont 12 poulains ont été vendus aux enchères quelques semaines plus tard à Schönbühl (BE) sur ordre du canton de Soleure.

Canton trop patient avec la propriétaire

Les évènements du mois de novembre ont constitué le paroxysme de l'effondrement d'un système mis en place dans l'exploitation, observe Michael Daphinoff. Les mesures drastiques d'intervention prises sur place par les autorités ont été pesantes pour tout un chacun.

Dans l'affaire de Ramiswil, le Service vétérinaire soleurois a surveillé le cas d'emblée, pris plusieurs mesures adéquates, agi de manière coordonnée et bien communiqué sur le plan interne, souligne M. Daphinoff. En revanche, il lui a manqué une vision d'ensemble et il a gardé trop longtemps une attitude bienveillante envers la détentrice des animaux. Il aurait dû mener plus tôt une évaluation globale systématique, selon lui.

Détentrice des animaux manipulatrice

Agée de 57 ans, la propriétaire probablement dépassée par la tâche et les évènements est sous le coup d'une enquête pénale. Son comportement a été souvent évasif et parfois manipulateur. Elle a su donner l'illusion d'une coopération de sa part en faisant des promesses et en faisant intervenir son entourage de manière ciblée, souligne le rapport. De cette manière, elle a masqué l'état réel de l'entretien de ses animaux.

Elle a «trompé» le Service vétérinaire et a «joué la montre», déplore la conseillère d'Etat Sibylle Jeker. Si l'intervention des autorités en novembre s'est déroulée rapidement, de manière professionnelle et proportionnée dans l'ensemble, il aurait été possible d'agir plus tôt et de façon plus conséquente, constate la ministre.

Le rapport externe va donc être analysé en profondeur et le département dirigé par Sibylle Jeker va élaborer des mesures concrètes pour renforcer le travail du Service cantonal de l'agriculture et des affaires vétérinaires.

Plainte de la PSA contre le canton

Dans un communiqué, la Protection suisse des animaux (PSA) annonce le dépôt d'une plainte pénale contre les autorités en raison de l'euthanasie «incompréhensible» des 122 chiens de Ramiswil, «pratiquée sans examen au cas par cas», selon elle. A ses yeux, le rapport d'enquête indépendant est «effrayant», «accablant» et «met en lumière des défaillances humaines».

En outre, la PSA reproche à ce rapport de n'aborder qu'insuffisamment les circonstances et les méthodes de l'euthanasie générale pratiquée. Pour elle, l'appartenance à une race particulière ne constitue pas un critère suffisant, chaque chien aurait dû faire l'objet d'un examen approfondi. Et de reprocher au canton d'avoir failli dans son système de surveillance.

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