La Confédération a des doutes
L'autorisation d'abattage d'un loup en Valais n'aurait pas dû être accordée

Un abattage de loup à Visperterminen provoque un bras de fer entre le Valais et l'OFEV. Le Groupe Loup Suisse affirme qu'une meute était active, rendant l'autorisation de tir non conforme aux règles fédérales.
Photo: IMAGO/imagebroker
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ATS Agence télégraphique suisse

Le Groupe Loup Suisse se voit conforté dans sa critique de l'approche du Valais en matière de régulation des loups, à la suite d'un recours déposé par l'OFEV contre l'abattage d'un individu solitaire dans la région de Visperterminen. Du point de vue de la Confédération, l'autorisation d'abattage n'aurait pas dû être accordée.

L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a déposé un recours en ce sens auprès du Conseil d'Etat valaisan le 6 mai dernier, peut-on lire sur le site Internet de l'autorité. Le canton a supposé qu'il s'agissait d'un couple de loups et a donc ordonné l'abattage d'un individu, écrit l'office.

Du point de vue de l'OFEV, ce couple de loups est constitué des parents de la meute de la vallée de Nanz. Les meutes ne peuvent être régulées qu’après accord préalable et uniquement entre juin et janvier. Le recours est en instance.

Une meute avec des petits

Selon le Groupe Loup Suisse, l'abattage dans la région de Nanztal-Visperterminen-Staldenried n'aurait pas dû être autorisé. En effet, une meute de loups y vit depuis 2023 et s'est reproduite chaque année, écrit l'association mardi dans un communiqué.

La meute de Nanz aurait également eu des petits en 2025 et n'a pas été régulée. C'est pourquoi il faut continuer à partir du principe qu'une meute est toujours présente.

Le canton du Valais a en revanche estimé qu'il ne restait plus qu'un seul couple de loups dans la région. Le Tribunal cantonal valaisan avait pourtant déjà jugé en 2020 que l'on devait partir du principe qu'il y aurait une meute l'année suivante si la présence d'une meute était confirmée au cours d'une année, poursuit le Groupe Loup Suisse. Ce jugement avait également été rendu à l'époque à la suite d'un recours de l'OFEV.

Même si un seul couple de loups vivait effectivement dans la région, le canton aurait dû, conformément aux dispositions de l’ordonnance fédérale sur la chasse, empêcher ce couple de se reproduire au cours de l'année en cours. «Or, le canton ne l’a pas fait», déplore le Groupe Loup Suisse. Cela suffit à rendre l’autorisation de tir illégale.

Dans son communiqué, le Groupe Loup Suisse évoque une série d’autorisations de tir «juridiquement contestables» en Valais. L’été dernier déjà, une louve présumée avait été abattue dans des circonstances similaires. Quelques jours plus tard, la présence d’une meute avait alors été confirmée.

Le Groupe Loup Suisse demande au canton du Valais de réorienter systématiquement la gestion des loups conformément aux prescriptions du droit fédéral.

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