Sécheresse persistante
«On est vraiment dans le dur», explique un représentant des agriculteurs romands

La sécheresse frappe durement les agriculteurs romands depuis juin. Christophe Longchamp, éleveur et président de Prométerre, alerte sur les conséquences pour sa profession, les cultures et le bétail.
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La sécheresse accrue de ces derniers mois met le monde agricole – paysans comme animaux – à rude épreuve.
Photo: Keystone

En bref

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  • La sécheresse persistante depuis juin impacte gravement les agriculteurs romands. Christophe Longchamp, président de la faîtière, souligne que les températures élevées entravent la croissance des cultures.
  • A cette période de l'année, le manque d'eau affecte particulièrement la culture du maïs, de la pomme de terre et du fourrage.
  • Les pertes financières peuvent être sévères pour les exploitants. Et les bêtes souffrent de la chaleur.
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Léo MichoudJournaliste Blick

La sécheresse est partie pour rester. Les orages de ce jeudi ne règlent pas le problème que vivent les agricultrices et agriculteurs depuis le mois de juin. «On est vraiment dans le dur», commente Christophe Longchamp, président aussi bien de Prométerre, l’association vaudoise de promotion des métiers de la terre, que d’Agora, la faîtière de l’agriculture romande.

Du haut de ses 52 ans, tous passés dans les champs, l’éleveur de Chavannes-le-Veyron (VD) estime n’avoir jamais vu un épisode de sécheresse aussi intense. «Ce qui m’impressionne, c’est sa précocité. Dès juin, il a fait bien trop chaud et sec pour le développement normal des cultures. Des températures aussi élevées et difficiles à supporter, on ne les attend d’ordinaire qu’au mois d’août.»

Le fourrage vient à manquer

Maïs, pommes de terre, fourrage: les cultures de printemps, qui arrivent à floraison en ce mois de juillet, sont particulièrement vulnérables. Le représentant de sa profession s’inquiète tout particulièrement pour le maïs: «Il est en pleine floraison et va s’arrêter de grandir en raison du manque d’eau. Au lieu de 2 à 3 mètres, les épis stagneront autour d’1,5 mètre de haut. Les grains risquent de ne pas atteindre la taille suffisante. Surtout qu’avec cette chaleur, la pollinisation n’est pas idéale.»

«Les agriculteurs les plus touchés sont sans doute ceux qui mettent leurs vaches en pâturage», estime le Vaudois qui, lui, les loge dans une étable. Car l’herbe grillée et jaunie par le soleil perd sa qualité nutritive… et le fourrage vient à manquer. «La semaine passée, on a appris que la France a fermé ses frontières pour ce qui est de l’importation de fourrage en Suisse. D’habitude, c’est une solution de repli en cas de sécheresse. Cette année, on devra s’en passer car la situation est tout aussi tendue chez nos voisins.»

Restrictions d’eau: la pluie ne résout pas tout

Les températures élevées et le niveau historiquement bas des rivières a poussé les autorités à émettre des restrictions strictes sur le prélèvement destiné à l’arrosage. «Pour les années à venir, on compte mettre en place des syndicats d’arrosage, envisage le producteur de viande bovine. En pompant l’eau directement dans les grands lacs, cela permettrait de mieux organiser l’arrosage pour des dizaines de propriétaires terriens.»

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Il n’y a toujours aucun signe annonçant des épisodes de précipitations plus longs et généralisés
Météo Suisse, dans son bulletin sécheresse du 16 juillet
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La pluie de la mi-juillet s’avère très insuffisante. «On a eu deux litres hier et la météo en annonce quatre aujourd’hui. Alors qu’il faudrait 50 litres pour revitaliser la production.» Et les précipitations de ce jeudi ne sont pas le remède miracle. «Du fait des orages annoncés, la sécheresse ne connaîtra qu’une faible atténuation passagère, annonce Météo Suisse dans son bulletin du jour. Il n’y a toujours aucun signe annonçant des épisodes de précipitations plus longs et généralisés.»

Pertes financières et bêtes touchées

Pour nos agriculteurs, les pertes financières d’un tel épisode de sécheresse pourraient être conséquentes – surtout pour ceux qui n’auraient pas d’assurance adaptée. Christophe Longchamp explique avoir dû acheter 50 tonnes de pulpe fourragère pour nourrir son bétail en raison du manque de fourrage. Ce sont 5000 francs supplémentaires qui s’ajoutent à son budget annuel. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

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On voit qu’avec le dérèglement climatique, à l’avenir, il faudra arroser même pour produire l’herbe destinée aux vaches
Christophe Longchamp, éleveur bovin et président de Prométerre
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«On voit qu’avec le dérèglement climatique, à l’avenir, il faudra arroser même pour produire l’herbe destinée aux vaches», déplore l’éleveur vaudois. Outre le manque de fourrage, Christophe Longchamp s’inquiète pour la santé de ses animaux: «J’ai 80 bêtes sur l’exploitation, et la moitié dort en dehors de leur étable, sur le béton qui est un peu moins chaud. Après, j’ai toujours été d’un naturel positif. Je me dis que la pluie va venir et que l’année se finira un peu mieux.»

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