Nouveaux éléments à St-Légier
«Tout semble indiquer que le père a tué son fils avant de se suicider»

Nouveaux éléments sur les deux morts retrouvés mercredi à St-Légier (VD). Selon le Ministère public ce jour, «tout semble indiquer» qu'un cuisinier de Nestlé a tué son fils de 14 ans et s'est ôté la vie. Un ami décrit le père. Voisins et collègues restent sous le choc.
Publié: 20:41 heures
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Dernière mise à jour: 20:51 heures
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Selon l'enquête en cours au Ministère public, «tout semble indiquer» que Philippe T* a tué son fils avant de s'ôter la vie.
Photo: Capture d'écran / Facebook
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Léo MichoudJournaliste Blick

Un coup de feu sur son fils avant de retourner l’arme contre lui, c’est la thèse privilégiée à St-Légier (VD). Ce vendredi matin, dans les hauteurs de Vevey, le choc était toujours trop fort pour que les langues se délient. La veille, le mercredi 27 août, des cris ont bouleversé la tranquillité de ce quartier de villas. Une femme venait de découvrir chez elle les corps de son conjoint de 54 ans et du fils de ce dernier, un ado de 14 ans, tous deux morts par balle.

La police a rapidement exclu l’intervention d’un tiers. Mais le déroulé des faits est jusque-là resté flou. Contacté dans l’après-midi par Blick, le Ministère public (MP) vaudois a apporté quelques éléments d’éclaircissement. «Selon les premiers éléments de l’enquête, tout semble indiquer que c’est bien le père qui a tué son fils avant de se suicider», indique Vincent Derouand, porte-parole de l’institution judiciaire.

Pas de casier judiciaire pour ce cuisinier

A ce stade, le parquet n’est pas en mesure de détailler les motifs envisagés pour un tel acte. La police a effectué une enquête de voisinage, mais a aussi «pris des renseignements auprès de l’employeur» de cet homme, que nous nommerons Philippe T*. En l’occurrence auprès de Nestlé, dont le siège est à Vevey.

Depuis ses débuts en 2016 dans la multinationale, Philippe a gravi les échelons pour devenir chef cuisinier avec des fonctions de direction et de représentation au niveau international. Il était aussi membre des toques françaises, une distinction qui récompense les acteurs du monde culinaire.

«
La famille a bien été informée, via la police française, avant la diffusion du communiqué de presse
Vincent Derouand, porte-parole du Ministère public vaudois
»

Installé en Suisse depuis 2015, et employé dans la multinationale depuis 2016, le Normand d’origine avait un casier judiciaire vierge en Suisse. L’enfant, lui, vivait en France et était en visite chez son père pour les vacances. De l’autre côté de la frontière, les familles concernées ont été averties de l’événement tragique. Et ce «via la police française, avant la diffusion du communiqué de presse», informe le porte-parole du MP.

Nestlé s’exprime

Dans le quartier ce vendredi, les portes des villas voisines se ferment au moment de se présenter comme journaliste. Les seuls habitants du coin qui ont accepté de parler ne connaissaient pas vraiment ce couple, arrivé depuis deux ans seulement.

Dans «Le Temps», l’homme est décrit comme quelqu’un de souriant et poli par une voisine. Blick s’est rendu au quartier général de Nestlé pour tenter d’en savoir plus sur ce personnage. Mais derrière les grilles de ce grand bâtiment aux milliers d’employés, une seule personne a été en mesure de nous répondre.

«
C'était un gars sympa qui avait le sourire quand je le croisais dans les couloirs
Un employé de Nestlé, où travaillait Philippe T*
»

«En effet, c’était un gars sympa qui avait le sourire quand je le croisais dans les couloirs», confirme un employé de l’immense entreprise – avant d’être coupé par l’intervention d’une membre de la sécurité, qui a prié Blick de quitter les lieux. Auprès du «Temps» et par la voix de sa porte-parole, les instances Nestlé se sont dites «profondément bouleversé[e]s» et en pensées «avec les proches».

«Son fils, c’était tout pour lui», raconte un vieil ami

Nous avons pu nous entretenir avec un ami de longue date du cuisinier quinquagénaire, atterré d’apprendre la tragique nouvelle venue de Suisse romande. «Je ne comprends pas ce qui a pu se passer. Son fils, c’était tout pour lui», s’émeut cet ancien collègue français.

Il confirme des éléments contextuels: son ami était divorcé de la mère de son fils, qui habite en France. «Son fils venait en Suisse quelques fois par années. Il avait une grande chambre dans cet autre pays, comme beaucoup en rêveraient.»

«
Je ne vois pas ce qui a pu provoquer ce geste incompréhensible
Un ami de longue date de Philippe T*
»

Ce camarade de passion décrit Philippe T. comme «un bon vivant qui aimait la vie», un «gentil qui pouvait avoir de la gueule» et comme le «chef des chefs» de la division cuisine de tout Nestlé. «Il connaissait du beau monde dans le domaine et avait une vraie aura professionnelle», encense le Français, toujours incrédule.

«Je ne vois pas ce qui a pu provoquer ce geste incompréhensible», répète-t-il en boucle. Il insiste: père et fils «s’entendaient super bien» et l’enfant était couvert de cadeaux et de voyages inoubliables. Philippe était même, à sa connaissance, «en bons termes» avec son ex-épouse. L’enquête sur les motifs de ce double décès se poursuit, mais la plaie restera longtemps ouverte.

*Nom modifié

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