Le chef de la Rega critique le sauvetage aérien valaisan
«Notre hélicoptère aurait pu atteindre la patiente en cinq minutes de vol»

Un accident de ski à Verbier a tourné au cauchemar pour Anke W. Malgré la disponibilité de la Rega, la skieuse a attendu plus d'une heure dans la neige. Ce cas relance la polémique sur le sauvetage aérien en Valais.
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Début mars, Anke W. fait une chute à Verbier. Elle a dû attendre plus d'une heure avant l'arrivée de l'hélicoptère de secours.
Photo: zVg
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Pascal Scheiber

Deux heures après son accident sur une piste de ski, Anke W.* a atterri à l'hôpital de Sion. La sexagénaire a décrit l'attente de l'hélicoptère comme son «pire cauchemar».

«Les Valaisans se sont montrés sous leur pire jour», déplore la Genevoise à propos du long sauvetage et du traitement hospitalier peu agréable. Les recherches de Blick révèlent qu'Anke n'aurait pas dû attendre aussi longtemps. Un hélicoptère de la Rega aurait pu être à ses côtés en cinq minutes.

Plus d'une heure d'attente

Revenons un peu en arrière: le 3 mars 2026, cette Allemande d'origine chute à ski sur les pistes de Verbier. Elle s'est fracturé le bassin et n'a pas pu redescendre dans la vallée. Son mari Rainer a d'abord alerté la centrale d'intervention de la Rega à 13h12. Comme celle-ci est subordonnée en Valais à l'Organisation cantonale de sauvetage (OCVS), elle a transmis l'alarme.

Les Valaisans ont pris en charge l'intervention et ont fait appel à des pisteurs-secouristes. Sur le lieu de l'accident, celui-ci a demandé l'intervention de l'hélicoptère. En raison d'une réanimation, l'appareil a toutefois dû être réaffecté. Un deuxième hélicoptère est finalement arrivé sur les lieux plus d'une heure après l'accident.

L'équipage de la Rega aurait été prêt

Il s'avère maintenant qu'un hélicoptère de la Rega était dans les airs à ce moment-là, mais qu'il n'était pas en service. Le chef des hélicoptères de la Rega, Philipp Simmen, est formel: «Au moment de l'alarme, l'équipage de la Rega aurait pu, sans se poser, continuer à voler directement vers le lieu d'intervention et atteindre la patiente en cinq minutes de vol.»

L'OCVS aurait également dû le savoir, affirme Philipp Simmen. «Dans le système de gestion des interventions, cet hélicoptère de sauvetage était également visible comme 'vert' pour d'autres organisations d'intervention et donc prêt à intervenir», explique le responsable des interventions héliportées.

L'OCVS n'a pas opté pour l'hélicoptère et a fait appel au pisteur-secouriste. «En raison du tableau clinique décrit, une telle intervention n'est pas considérée comme urgente», explique le directeur de l'OCVS Fredy-Michel Roten. Il confirme que l'organisation de sauvetage voit le statut des hélicoptères de la Rega. Les Valaisans ont toutefois exclu une intervention héliportée immédiate en raison de la blessure.

Le litige est encore en suspens devant les tribunaux

Avec cet accident et l'action de l'organisation de sauvetage valaisanne, la Rega se voit confortée dans sa démarche: depuis des années, le service de secours aérien se bat pour obtenir une part du gâteau du sauvetage en Valais. Sa revendication: coordonner le sauvetage aérien suisse de manière centralisée.

Car bien que la Rega exploite depuis 2022 une base d'hélicoptères à Sion, elle ne peut officiellement y effectuer que des missions en dehors du Valais. Sauf si l'OCVS sollicite la Rega, ce qu'elle fait 3 à 4 fois par semaine.

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Une blessure au bassin met potentiellement la vie en danger, car elle peut entraîner une hémorragie interne massive
Philipp Simmen, chef des hélicoptères de la Rega
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La loi cantonale sur l'organisation du sauvetage stipule que sur le territoire cantonal valaisan, seule la centrale d'appel d'urgence locale peut coordonner les interventions. Ainsi, l'attribution des interventions doit rester dans le canton.

Le Tribunal fédéral devra trancher

Fin 2022, l'OCVS a attribué la tâche du sauvetage aérien à deux entreprises d'hélicoptères locales – Air Zermatt et Air-Glaciers. La Rega n'a pas accepté cette décision et a déposé un recours. Le gouvernement valaisan l'a rejeté, ce qui a poussé la Rega à porter son mécontentement devant le Tribunal fédéral. La décision y est encore en suspens.

Dans le cas de la fracture du bassin d'Anke W., la Rega aurait dès le départ pris une décision différente de celle de l'OCVS et fait appel à un hélicoptère. «Une blessure au bassin met potentiellement la vie en danger, car elle peut entraîner une hémorragie interne massive», explique Philipp Simmen. Il critique le dispositif de sauvetage valaisan pour des «intérêts commerciaux» qui ne concernent pas le patient.

* Nom connu de la rédaction

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