Projet de loi à Genève
Menacée de fermeture, l'école Lullin bientôt sauvée pour la rentrée?

L'établissement dédié aux adolescents en décrochage scolaire, que le DIP veut fermer en juin, a pourtant fait ses preuves depuis 10 ans. Le député Romain de Sainte Marie veut inscrire l'établissement Lullin dans la loi, et garantir ainsi sa survie dès la rentrée.
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Si la mission de l'école Lullin est ancrée dans la loi, le Conseil d'Etat devra renoncer à la fermer. (Image d'illustration)
Photo: Shutterstock
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Myret ZakiJournaliste Blick

Le sort de l'établissement Lullin, menacé de fermeture par l'Etat de Genève, pourrait prendre un tour favorable. Cette école dédiée aux jeunes en décrochage scolaire pourrait être bientôt sauvée par une loi du Grand conseil, qui garantirait son existence, et lui permettrait de reprendre ses activités pour la prochaine rentrée scolaire. 

L'ancrer dans la loi

En effet, le député socialiste Romain de Sainte Marie, opposé dès le départ à la fermeture, va déposer un projet de loi lors de la dernière session du Grand conseil, les 18-19 juin, pour contraindre le Conseil d'Etat à maintenir en activité cette école, implantée dans une maison de maître, la Villa Lullin au Petit-Saconnex (GE). 

Une majorité du Grand conseil avait déjà voté le 17 mars contre la fermeture de cet établissement qui a pleinement prouvé son utilité, depuis sa création en 2014, en aidant de nombreux jeunes en rupture scolaire à reprendre leur formation, avec un taux de réussite estimé à 80%. Pourtant, «le Conseil d’Etat n’a pas respecté cette décision», regrette Romain de Sainte Marie, constatant que l'exécutif compte toujours fermer Lullin définitivement ce mois de juin. 

Dès lors, le député genevois ne voit qu'une solution: déposer un projet de loi pour garantir l'existence de Lullin. Le projet, qu'a pu consulter Blick, veut «inscrire dans la loi sur l’instruction publique l’existence et la mission de l’établissement Lullin afin de garantir la pérennité d’un dispositif unique au sein du canton de Genève, destiné aux élèves du secondaire II confrontés à des difficultés importantes compromettant leur parcours de formation».

Redéploiement, ou économies?

Pour rappel, le 3 février, l’Etat de Genève avait annoncé à l'interne qu'il allait fermer cette école spécialisée, la seule qui se dédie aux adolescents entre 15 et 19 ans en décrochage scolaire, comme l'avait révélé Léman Bleu le 17 mars. 

La fermeture a été présentée par le Département de l’instruction publique (DIP) non pas comme une mesure d’économie, mais comme un redéploiement des ressources visant à toucher plus d’élèves avec des équipes pluridisciplinaires Il serait plus avantageux, selon le DIP, de décentraliser ce dispositif et de répartir les équipes dans les différents collèges. 

Pour Romain de Sainte Marie, cette décision est clairement une mesure d’économie non avouée. «Sinon, pourquoi ne pas créer d’autres établissements sur le modèle de Lullin, qui fonctionne, plutôt que de fermer l’existant?»

Des moyens restés insuffisants

Si le but annoncé par l'Etat est de répondre à un nombre important de jeunes, les moyens ne seraient pas évidents pour mettre en oeuvre cette répartition plus large. D'après nos informations, lors d’une conférence des directrices et directeurs de Collèges, certains auraient indiqué qu’on leur a simplement augmenté de 10% les ressources en orientation par établissement, mais que cela était déjà en discussion l’année passée, avant la décision de fermer Lullin. Aucune augmentation à leur connaissance des ressources médicosociales n’avait été décidée.

L'opposition signifiée par le Grand conseil à travers le résolution des Socialistes et des Verts n'est pas contraignante pour l’exécutif. Dès lors, «il n'était pas question de baisser les bras», souligne Romain de Sainte Marie. «Puisque le Conseil d’Etat n’applique pas la résolution, inscrire l’établissement Lullin dans la loi l'obligera à l'appliquer.»

Un «investissement d'avenir»

Jusqu’ici, le rôle de Lullin était inscrit dans un règlement de l’enseignement secondaire et tertiaire adopté en 2016 par le Conseil d’Etat. Il y est missionné d’offrir aux élèves une approche spécifique, en termes de soutien éducatif, social, psychologique ou médical quand les jeunes connaissent des difficultés à poursuivre leur parcours de formation secondaire. 

Au final, l'approche Lullin est un investissement d'avenir, plaide Romain de Saint Marie: «Si on laisse des jeunes décrocher, c’est l’Etat qui devra les rattraper plus tard à travers l’aide sociale. Il s'agirait donc, plutôt que de fermer Lullin, d'étendre au contraire ce type de dispositif qui fonctionne, s'il y a des besoins supplémentaires.»

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