Un dossier qui «pèche un peu»
Un sticker pédopornographique non sollicité envoie un Valaisan au tribunal

Poursuivi pour pornographie illicite après avoir reçu un fichier pédocriminel sur Snapchat, un jeune apprenti de 19 ans risquait une exclusion sociale à vie. Le Tribunal de Monthey l’a innocenté.
Un jeune Valaisan a été acquitté après avoir été accusé de possession de contenu pédopornographique. (Tribunal de Monthey)
Photo: KEYSTONE

En bref

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  • Un Valaisan de 19 ans a été acquitté le 2 juin 2026 par le Tribunal de Monthey après avoir été faussement accusé de possession de contenu pédopornographique sur Snapchat.
  • La justice a reconnu que le jeune homme n'avait jamais été propriétaire du fichier.
  • Les avocats ont démontré en direct que l'image controversée disparaissait automatiquement après sa suppression par l'expéditeur.
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Mathilde JaccardJournaliste Blick

Un piège a failli détruire l'avenir d’un Valaisan. Un jeune de 19 ans a été totalement acquitté ce mardi 2 juin 2026 par le Tribunal de Monthey, relate «Le Nouvelliste».

A la fin de l'année 2025, l'apprenti avait reçu, sans jamais l'avoir sollicité, un sticker pédopornographique au sein d'un groupe de discussion professionnel sur le réseau social Snapchat. Pour avoir simplement manifesté son profond désarroi face à ce contenu, le Ministère public réclamait une peine pécuniaire, mais surtout une interdiction à vie d’exercer toute activité en contact avec des mineurs.

«Manipulé par la police»

Absente à l'audience, la procureure considérait que le prévenu avait délibérément possédé et visionné ce fichier. Une accusation d'une extrême gravité qui reposait sur une détection automatisée des plateformes web. 

Convoqué au poste pour ce qu’il pensait être une affaire mineure, le jeune homme s’est muré dans le silence face aux juges, sa défense expliquant qu’il s’était senti «trompé et manipulé par la police», perdant ainsi toute confiance dans le système judiciaire.

Démonstration technique imparable

Pour faire éclater la vérité, ses avocats ont reproduit la scène en direct dans la salle d'audience. En manipulant l'application devant le magistrat, ils ont prouvé que le fait de faire glisser son doigt pour répondre au message, suivi de la suppression du fichier par l'expéditeur d'origine, effaçait toute trace de l'image. Le prévenu n'en a donc jamais été le propriétaire. 

Le juge a finalement balayé l'ordonnance pénale, pointant un dossier qui «pèche un peu» sur l'intention criminelle, précise le quotidien valaisan. Cette affaire met en lumière l'explosion de plus de 80% des infractions liées à la pornographie dans le canton entre 2023 et 2024.

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