La Fribourgeoise Fauste se dévoile sans filtre
«Je suis toujours terrorisée avant un concert»

Elle parle de sa grand-mère avec tendresse, de sa peur de monter sur scène avec gratitude et de son enfance au parfum de tartines au miel et de purin. Révélée avec Baron.e avant de prendre son envol en solo sous Fauste, la Fribourgeoise Faustine Pochon se livre.
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La chanteuse fribourgeoise Fauste se confie après son passage au Montreux Jazz Festival.
Antoine Hürlimann - Responsable de l'actualité L'illustré
Antoine Hürlimann
L'Illustré

Fauste, quelle est la fêlure qui vous accompagne encore, mais que vous remerciez aujourd’hui?
La fin de mon ancien projet musical, Baron.e. Aujourd’hui, j’en suis reconnaissante parce que ça m’a permis de lancer mon projet solo et d’apprendre énormément de choses sur moi.

Est-il plus difficile de réussir dans la musique quand on vient de Fribourg?
Je ne suis pas sûre. C’est difficile de réussir dans la musique, peu importe d’où l’on vient. Et finalement, en Suisse, comme tout est petit, on peut assez vite être repéré par les médias ou les salles de concert. Commencer à Paris doit être bien plus compliqué.

Quelle phrase auriez-vous aimé entendre à 15 ans?
Qu’il n’y a pas besoin d’être «pas comme les autres filles». J’ai grandi avec cette idée que c’était un compliment quand un homme disait: «Toi, t’es différente.» Alors qu’en fait il y a une immense force dans la sororité. Il n’y a aucune raison de cacher qu’on est une femme.

Quel parfum avait votre enfance?
Un mélange de purin, de tartines au miel et de jeux avec mes sœurs.

Une photo bien «nineties» grâce à laquelle j’ai appris que, visiblement, j’aimais faire entendre ma voix dès mon plus jeune âge.
Photo: Archives familiales

Quand vous étiez petite, rêviez-vous de partir ailleurs?
Oui. La petite campagnarde que j’étais rêvait d’une vie plus urbaine, plus animée. Puis j’ai vécu un an à Paris et je me suis rendue compte que j’aimais finalement beaucoup le calme suisse.

C’est quoi, votre refuge?
Mon amoureux, ma maison, mon chat… et mes copines. Mais si je dois choisir, mon amoureux. La maison peut être n’importe où tant qu’il est avec moi.

Quelle est votre plus belle peur?
Monter sur scène. Je suis toujours terrorisée avant un concert. Pourtant, c’est une magnifique peur parce que je la combats à chaque fois. Et après, je suis tellement heureuse.

Quel est le mot que vous employez beaucoup trop?
«Grave.» Et peut-être que c’est philosophique, finalement, parce que ça traduit une part anxieuse de moi qui trouve souvent que tout est grave.

Quel défaut revendiquez-vous?
D’avoir parfois une grande gueule et de ne pas me taire.

Qui est la personne qui vous manque le plus?
Ma grand-maman.

Y a-t-il un livre que vous auriez aimé écrire?
Toute la saga Harry Potter. Comme ça, tous les fans pourraient lire ces livres tranquillement parce que, moi, je ne suis pas transphobe.

Quel est votre premier souvenir musical?
Le 1er Mai à Fribourg. A l’école, on allait chanter de porte en porte. Ma sœur jouait de la guitare, on préparait ça comme des pros et je crois que c’est la première fois où j’ai chanté toute une journée. J’adorais ça.

Quand avez-vous compris que vous vouliez faire de la musique?
Assez tard. Au départ, je voulais faire du théâtre. Pendant un stage au Cours Florent, on devait chanter une chanson a cappella. Je me suis rendu compte que j’étais beaucoup plus à l’aise en chantant qu’en jouant. C’est aussi la première fois que des gens m’ont dit que je chantais bien. Je me suis dit que ça pouvait devenir un métier.

«Ma grosse claque du moment, c’est la chanteuse française Marcia. Elle sera en concert au Ned Music Club de Montreux le 21 novembre.»
Photo: Bilal Moussa

Quels artistes vous inspirent?
Principalement des femmes. Rosalía, parce que chacun de ses projets est un univers complet. Lana Del Rey, parce que c’est une vraie drama-queen. J’aime aussi beaucoup Miki pour son côté détaché, les productions d’Iliona… Bref, les femmes de la pop.

Quelle est votre pire addiction?
La cigarette.

Quel est votre péché mignon?
Rester enfermée chez moi pendant plus de vingt-quatre heures, manger au lit et regarder des séries.

Quand avez-vous pleuré pour la dernière fois?
Hier. J’avais accumulé énormément d’émotions après mon concert au Montreux Jazz Festival. Et puis je suis peut-être en syndrome prémenstruel aussi! Je pleure souvent.

Au quotidien, qu’est-ce qui vous blesse?
Les fachos. Et les réseaux sociaux aussi. Leur tendance permanente à nous pousser à nous comparer aux autres.

Devant quoi vous émerveillez-vous?
Devant plein de petites choses. J’essaie de cultiver ça. En ce moment, je fais un peu de jardinage. Hier, j’ai vu un papillon dans mon jardin et j’étais comme une dingue.

Qu’aimeriez-vous qu’on dise de vous après votre mort?
J’aimerais que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un de gentil. J’essaie de cultiver cette qualité chaque jour. Etre gentil rend la vie plus belle, pour soi comme pour les autres.

Un article de «L'illustré» n°33

Cet article a été publié initialement dans le n°33 de «L'illustré», paru en kiosque le 13 août 2026.

Cet article a été publié initialement dans le n°33 de «L'illustré», paru en kiosque le 13 août 2026.

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