Dans les années 1990, les voitures volantes étaient vues comme le symbole du XXIe siècle. Mais entre-temps, les bateaux volants semblent plus réalistes d’ici à 2030. La start-up valaisanne Mobyfly a bouclé avec succès un tour de financement de série A de plus de 10,1 millions de francs.
Fondée par Sue Putallaz avec Anders Bringdal, Ricardo Bencatel et Thomas Putallaz, la start-up développe des hydroptères électriques qui volent littéralement au-dessus de l’eau grâce à la technologie Hydrofoil. A partir d’une certaine vitesse, la coque se soulève hors de l’eau et seules les ailes restent immergées.
Cela permet de réduire la consommation d’énergie jusqu’à 80% par rapport aux ferries diesel traditionnels. En plus, aucun CO2 n’est émis et le bruit ainsi que la formation de vagues diminuent.
Plusieurs financements
Les nouveaux fonds doivent désormais accélérer l’industrialisation de la technologie. Une grande partie du capital provient du fonds Révolution Environnementale et Solidaire, géré par Crédit Mutuel Impact.
La promotion économique du canton du Valais, ainsi que des investisseurs privés issus de l’industrie zurichoise, de la finance genevoise et du secteur technologique français, ont aussi participé au tour de financement.
Premiers bateaux cette année?
La production de la navette MBFY-S, plus compacte et capable d’accueillir entre douze et vingt personnes, devrait être livrée cette année encore. Un tel bateau coûte environ deux millions de francs. Le modèle MBFY-M, plus grand, avec une capacité de 60 à 120 personnes, est attendu pour 2028.
Mais un goût amer subsiste: le premier bateau officiellement certifié ne naviguera probablement pas sous pavillon suisse, mais français. L’Office fédéral des transports ne devrait pas être prêt à certifier de nouvelles technologies – dont celle des ailes de Mobyfly – avant 2027.
En France, en revanche, des organismes privés comme Bureau Veritas réalisent les inspections techniques avec les autorités. «En tant que Suissesse, cela me fait mal de savoir que le premier navire certifié ne naviguera probablement pas sous pavillon suisse», déclare Sue Putallaz. Même un investisseur l’aurait mise en garde contre la complexité du système suisse.
Une technologie pour les constructeurs de bateaux
Pour Sue Putallaz, cela dépasse la simple contrariété administrative: «La Suisse n’a pas de matières premières classiques. Notre esprit d’innovation est notre bien le plus précieux. Si nous ne pouvons le développer qu’à l’étranger, nous perdons notre seule valeur ajoutée.»
Mobyfly «exporte» surtout son savoir-faire et ne travaille pas, contrairement à ses concurrents, avec ses propres chantiers navals. Face à la société suédoise Candela – qui a récemment levé 30 millions de francs pour une nouvelle usine – ou à la britannique Artemis, la start-up valaisanne se positionne comme une entreprise purement technologique. Sue Putallaz explique: «Cela nous permet de nous développer à l’échelle mondiale plus rapidement et avec moins de capital.»
Au lieu de construire ses propres sites de production, Mobyfly veut intégrer sa technologie chez des constructeurs navals déjà existants. Les premiers bateaux seront produits dans une usine de construction navale au Portugal. Mais la start-up vise déjà d’autres marchés internationaux.