Mesures d'économies
Nouvelle manifestation des fonctionnaires genevois en colère

Jeudi à Genève, près de 2000 manifestants ont dénoncé les coupes prévues dans le projet de budget 2026. Les syndicats critiquent le gel des salaires et l'austérité affectant santé, social et éducation.
Il s'agit du 4e rassemblement depuis novembre.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

Près de 2000 personnes ont manifesté jeudi à Genève à l'appel du Cartel intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné pour protester contre les mesures d'économies prévues par le canton. Une nouvelle journée de mobilisation de la fonction publique est annoncée le jeudi 7 mai.

Parti de la Plaine de Plainpalais, le cortège a relié la Vieille-Ville en passant par les rues basses. Il faisait suite à une demi-journée de grève. A l'issue de la manifestation, l'assemblée du personnel a voté à la quasi-unanimité la reconduction du mouvement pour le 7 mai, jour de session du Grand Conseil.

«Grève, grève et mobilisation: c'est ça, c'est ça la solution», ont scandé les manifestants. En descendant pour la quatrième fois jeudi dans la rue depuis novembre dernier, les fonctionnaires comptaient maintenir la pression sur l'exécutif et le Grand Conseil. Lors du dernier rassemblement en mars, ils étaient seulement 500.

Les mesures d'économies prévues dans le projet de budget 2026 inquiètent les syndicats. Ceux-ci dénoncent notamment le blocage des annuités pour 2026 et les trois années suivantes ainsi que le gel de l'indexation. Le Cartel intersyndical estime des pertes salariales allant jusqu'à 5,1%.

Le plan d'économies attendu d'ici la fin du mois de juin est aussi dans le viseur de la fonction publique. Cette feuille de route qui sera élaborée sur la base des conclusions d'un groupe d'experts mandaté par le Conseil d'Etat devrait contenir des coupes atteignant 500 millions de francs.

«Austérité préventive»

Les manifestants ont mis en garde contre une dégradation des prestations publiques pour la population. Il manque des postes dans les secteurs clé de la santé, du social et de l'éducation pour assurer les prestations.

Des représentants de ces domaines ont particulièrement donné de la voix pendant la manifestation. «Le mépris, ça suffit: l'éducation n'est pas une charge, mais un investissement», pouvait-on notamment lire sur des pancartes.

Vincent Bircher, président du Syndicat des services publics Genève, a fustigé «l'austérité préventive» du canton. «Santé, social, éducation: les coupes budgétaires sont partout», a insisté une manifestante, appelant la population à être solidaire avec la fonction publique. «Il faudra convaincre les collègues et les proches de nous rejoindre», a relevé Geneviève Preti, co-présidente du Cartel.

Toujours en cours
A Genève, le processus budgétaire 2026 n'est toujours pas terminé. Après le refus d'une première mouture en décembre dernier par la majorité de droite du Grand Conseil, le canton fonctionne selon le système des douzièmes provisoires. Elaboré en peu de temps par le gouvernement, un projet de budget 2026 bis, déficitaire à hauteur de 599 millions, doit être soumis aux députés prochainement.

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