Bain de foule, décors XXL et méga-hits: Katy Perry a fait samedi soir à Nyon (VD) de la plaine de l'Asse (VD) son parc d'attraction géant. La superstar américaine avait tout prévu dans le cadre de son «Out of Office Tour» déployé en Europe cet été.
Tous les téléphones sont braqués au même endroit. La Grande Scène du Paléo Festival de musique s'est métamorphosée: écrans gigantesques, pile de livres tout aussi grande et fleur à lunettes lui servent de parure d'un soir. Immédiatement happé par le spectacle, le public crie en chœur sur «California Gurls” (2010), choisi pour lancer le concert qui durera près d'une heure trente.
Pendant ce laps de temps épargné par la pluie, pas de repos prévu. La reine de la pop débarque avec tout son attirail. Le public était-il prêt pour ce spectacle 100% à l'américaine? Vêtue de blanc, Katy Perry porte fièrement le drapeau des Etats-Unis sur sa cravate scintillante. «Did you come to party with me?», lâche-t-elle avec une assurance qui ne laisse rien au hasard.
Les titres s'enchaînent de manière millimétrée, fondus les uns dans les autres. «Teenage Dream» (2010) et «Last Friday Night» (2011) résonnent directement. La pop star fait tourner une vingtaine de morceaux qui, eux, ont fait le tour de la terre depuis bientôt deux décennies. Le plus récent d’entre eux, «Watch It Burn» (juin 2026) renoue avec son attirance pour les sonorités rock et la puissance de sa voix.
Sur la lune?
Partie intégrante de sa performance, les danseurs se déguisent tantôt en bodybuilders, tantôt en astronautes. Loin de faire oublier qu'elle a fait parler d'elle pour s'être rendue dans l'espace à bord d'une navette appartenant à l'entreprise spatiale de Jeff Bezos, elle fait de la scène son odyssée. Il faut du courage pour aller dans l'espace, affirme-t-elle, devant un drapeau suisse brandi haut.
La foule ne peut pas non plus oublier son idylle avec l'ancien premier ministre canadien Justin Trudeau, révélée en 2025. «Make some noise for my boyfriend!», crie-t-elle avant de lancer «I'm His, He's Mine» (2024).
Oscillant constamment entre auto-dérision et premier degré, la Californienne de 41 ans n'oublie pas ses placements de produits. Sur les écrans du Paléo, un QR code redirige les internautes vers une plateforme permettant de participer aux enchères de son «outfit» dévoilé après qu'elle ait quitté sa chemise blanche. Une tenue qu'elle avait déjà portée en 2009 lors d'un autre festival à Crans-près-Céligny (VD).
Portée par la foule... au sens propre
Loin de tout minimalisme, les props - ces accessoires de scène - sont trop nombreux pour être nommés un à un. Les spectateurs et spectatrices retiendront certainement cette bouteille en plastique dans laquelle Katy Perry se glisse un peu avant la fin de sa performance. Direction la foule et ses mains en l'air à bord de sa «Katyade».
Sur les écrans géants, son périple sous les regards inhabitués et les bras qui s'agitent. «I kissed a girl and i liked it / The taste of her cherry Chapstick»: personne n'a oublié les paroles. A partir de là, il reste six morceaux à l'Américaine pour clore sa première prestation nyonnaise et l'unique date en Suisse de sa tournée.
Un karaoké géant
En icône mondiale de la pop, elle sait en tout cas comment mettre un point final à sa performance. Juste avant de lancer «Roar» (2013), la chanteuse se glisse au premier rang pour interagir avec ses fans. Selfies, petites discussions et commentaires offrent un moment d'interaction plus spontané que tout ce qui a précédé. L'artiste termine avec «Firework» (2010), une machine à mousse en main, qui dégouline ses bulles sur la foule.
Pour certains, le concert aura été «un peu décalé», selon les termes d'une spectatrice, pour d'autres, «trop américain», «trop extravagant». Et par moments, il aura simplement été un karaoké géant.